avatar
Messages : 860
Emploi : Garde d'enfant à mi-temps


Master Management et Gestion d'Entreprise

Cédric Aylen - Outsiders

MessageSujet: Cédric Aylen - Outsiders Mon 8 Jun 2015 - 23:10





     
Nom
Aylen
Prénom
Cédric
Âge
18ans
Classe
Master en Management et Gestion d'Entreprise
Groupe
Outsiders
Club
/
Métier
Nounou à temps partiel
Nationalité
Française
Sexualité
Uke
Avatar
Narukami Yū
Goûts
Deux choses que Cédric a en horreur : le thé et la menthe. Le summum étant le thé à la menthe. Une autre chose qu’il supporte très difficilement, être projeté sur le devant de la scène. Lui préfère la discrétion et l’observation d’un monde se mouvant sans lui. Pour l’amadouer, proposez-lui du sucré-salé ou de la gastronomie française.
This is who I am.




My body. Sur sa carte d’identité, il y est écrit caractéristique physique : néant. Et c’est exactement le cas. Si Cédric avait pu trouver un moyen de se fondre dans les murs, il l’aurait fait. A défaut, il s’était contenté de se fondre dans la masse. 1m70, brun aux yeux marron… Enfin ça, c’est ce qu’il aurait souhaité. Il mesurait bien 1m70. Mais par malchance, il avait hérité des yeux gris de sa mère. Et de sa couleur de cheveux, noire avec des mèches tirant étrangement vers un gris cendré. Au moins pour les yeux, il avait pu remédier quelque peu au problème. Une épaisse paire de lunettes cerclée de plastique noir faisait office d’écran. Et ce n’était pas que pour le camouflage. Ses lunettes ne quittaient jamais son nez, si ce n’est pour dormir et pour la douche. Avec une myopie frisant celle d’une taupe, il se trouvait dans l’impossibilité de les quitter. Du moins sans se retrouver immédiatement plongé dans un flou artistique l’obligeant à écarquiller les yeux pour… Ne rien y voir. Un lapin pris dans des phares de voiture y verrait certainement plus clair.


Pour ses cheveux, il avait dû en prendre son parti. Sa mère s’étant toujours catégoriquement opposée à ce qu’il change pour une couleur plus neutre. C’était cette étrange couleur qui avait, semblait-il, séduit son père… Sauf que lui se fichait royalement de séduire son père ou qui que ce soit d’autre. Détestant paraitre négligé, il les coupait régulièrement, court, les oreilles dégagées et avec une épaisse frange. Avec le secret espoir de dissimuler au maximum un regard qu’il savait très -trop- expressif. Leur entretien régulier avait au moins eu le mérite de les rendre doux et soyeux. Chose que seuls sa mère -et le coiffeur- savaient. Il n’aurait de toute façon permis à personne d’autre de jouer avec ses cheveux.


S’il trouvait donc beaucoup à redire sur ses yeux et ses cheveux, ce n’était absolument pas le cas pour son nez, droit et fin. Tout comme pour ses lèvres toutes aussi fines qui depuis quelques mois avaient perdu l’habitude de s’étirer en ce discret sourire, made in Cédric Aylen. Pour le reste, il attendait juste de vieillir davantage pour voir les traits de son visage se durcir un peu plus. Et peut-être même pouvoir commencer à se raser un jour. Avoir une peau de bébé, c’était bien joli mais ça manquait un peu de virilité. Mais à 16 ans tout n’était pas perdu. Du moins il voulait encore y croire.


Car pour ce qui était de sa silhouette, il n’y croyait plus depuis longtemps. S’il avait bien eu sa poussée de croissance, elle ne s’était de toute évidence pas étendue à ses muscles, quasi-inexistants. Il avait un corps souple et svelte et, il fallait bien l’avouer, peu endurant. Des os fins, des ongles soignés et une peau claire qui marquait vite. Il avait d’ailleurs plus tendance à brûler qu’à bronzer au soleil. Et son hypersensibilité à la douleur n’arrangeait en rien les choses. Il ne comptait plus les fois où sa mère l’avait gentiment traité de petit douillet. Ce n’était d’ailleurs pas rare qu’un simple cours de sport se transforme en véritable torture pour lui. Il était donc hors de question que qui que ce soit tente de lui trouer la peau pour une ânerie du genre piercing ou tatouage.


Surtout que question style, c’était bien simple, il se limitait au minimum vital pour ne pas dénoter au milieu des autres. Les basiques que tout le monde portait. Dans des coloris sombres ou les teintes neutres.  Il avait toujours regretté que l’uniforme ne soit pas de mise dans les écoles françaises. Cela lui aurait drôlement simplifié la vie. Mais dans tous les cas, même pour flemmarder à la maison, il était correctement habillé et coiffé. Il ne supportait pas le laisser-aller considérant cela comme un manque de respect envers soi-même et les autres.

Il y avait cependant une chose qui ne le quittait jamais, même pour dormir ou pour la douche, c’était le médaillon ancien en argent de sa mère. Accroché à une chaîne torsadée en argent elle aussi, il l’avait en permanence à son cou, à même la peau, caché par ses vêtements. Lorsqu’on ouvrait celui-ci, on y trouvait de chaque côté une petite photo insérée avec un soin évident.  D’un côté, sa mère avec encore ses longs cheveux argentés et de l’autre, un portrait de lui, bambin d’à peine trois ans. Il n’avait jamais su comment un bijou si coûteux était arrivé entre les mains de sa mère mais celle-ci l’avait toujours considéré comme son trésor. Ou plutôt son deuxième trésor, après son fils. Et maintenant qu'elle était décédée, Cédric s’était donc donné comme mission de veiller comme un gardien sur ce trésor.






My heart. Petit, la maîtresse d’école de Cédric avait préconisé un entretien avec une psychologue. Chose qui fut faîte. Le verdict qui en découla fut sans appel. Enfant à tendance psychorigide, vivant une relation trop fusionnelle avec sa mère dû à l’absence d’une présence paternelle au sein du foyer. Le jeune Cédric en comprit que sa maman l’aimait trop parce qu’il n’avait pas de papa. Et surtout que ce n’était pas bien. Il en pleura à chaudes larmes. Sa mère tomba aussitôt sur la psychologue, tempêtant et hurlant, d’une voix qui avait la capacité à monter très haut dans les aigus.


C’était ce que Cédric avait toujours admiré chez sa mère. Sa vitalité et la force qu’elle mettait à vivre chaque instant de sa vie. Que cela soit pour s’enthousiasmer d’une bonne nouvelle ou se désespérer d’une situation quelconque. C’était ce qu’il aimait le plus dans sa vie. Regarder sa mère vivre, et vivre aussi un peu par procuration à travers elle. Du moins c’était l’effet que tout cela lui faisait. Car la seule chose qu’il avait héritée de sa mère était sa faculté de piquer des crises de colère aussi violentes qu’inattendues. Pour le reste, il était d’un stoïcisme et d’un calme olympien. Il avait pour principe de considérer que les choses arrivaient parce qu’elles devaient arriver. Et donc qu’il ne servait pas à grand-chose de tenter d’aller contre puisque c’était perdu d’avance. Il convenait juste de rationaliser.

L’assistante sociale qui le suivait depuis les hospitalisations répétées de sa mère, avait un tout autre point de vue sur la question. D’après elle, Cédric avait juste une trouille bleue d’être confronté à ses sentiments. Et préférait donc faire l’autruche et faire comme s’il n’en avait pas. Qu’il était donc ce qu’on appelait communément, n’ayons pas peur des mots, un lâche. Arguments que Cédric accueilli avec une moue boudeuse sans chercher à polémiquer davantage là-dessus. Après tout il savait être le premier à fuir les situations difficiles. Mais de là à parler de lâcheté… Lui préférait les notions de logique et de rationalité.

Car même s’il manquait parfois de courage, il ne restait pas moins qu’il était du genre conciliant, à ne pas chercher les problèmes et se faisait généralement un devoir de respecter les règles. Sauf si bien sûr, il se trouvait embarqué dans des histoires qui ne le concernaient pas. Là, il suivait docilement les autres, se passionnant sur la fin probable que tout ceci aurait. Exactement de la même façon que s’il avait regardé une série télévisée ou lu un roman policier.

Sans doute était-il un peu psychorigide, n’aimait pas particulièrement les contacts physiques, et avait du mal à se lier avec les autres. Mais il avait le chic pour que tout parte en sucette dans sa misérable petite vie. Genre on vous colore les cheveux en rose bonbon, histoire de vous coller le choc de votre existence. Pour ensuite, toujours sans rien vous demander, vous raser totalement  le crâne. Finalement le rose bonbon, ce n’était pas si mal. Sauf que là c’est trop tard, vous n’avez plus de cheveux.  Bon, lui avait toujours ses cheveux. Mais c’était exactement cela qui lui était arrivé l’année de ses 14 ans. Vous savez le double choc qui rend le premier presque acceptable…

Il s’était réveillé un matin amoureux de son meilleur ami. Celui qu’il connaissait depuis l’école maternelle et qui l’entrainait toujours dans des histoires pas possibles. Ami par ailleurs 100% hétéro. Donc il s’était réveillé un matin homosexuel. Ou du moins en avait-il pris conscience ce matin-là. Et ce qui aurait pu être le drame de sa vie se révéla bientôt n’être pas grand-chose. Car lorsque plus tard dans la journée, une dispute éclata avec ledit ami -pour une raison toute autre que la découverte du matin, Dieu merci- il se retrouva rapidement, et sans ménagement, plaqué contre un mur. Le fameux 'ami'mesurait 5 bon centimètres et devait avoir une vingtaine de kilo de muscle de plus que lui. Forcément, ça aidait pour plaquer les gens contre les murs.


Ca avait donc été un peu violent, et avoir des lèvres bien pleines l’injuriant à quelques centimètres de son visage n’avait vraiment pas aidé. Mais alors pas du tout. Oui, c'était assez bizarre, il était bien le premier à l'admettre. Il avait donc réagi et pas de la manière la plus appropriée.  Il avait pourtant eu de la chance dans son malheur. Son gémissement avait été pris pour de la douleur. Le pire étant qu’il avaiteffectivement mal.

Il s’était réveillé homosexuel et finissait sa journée en pervers masochiste. Comme quoi il y avait des matins où il valait mieux pas se lever… Mais tout cela fut vite enterré lorsque quelques jours plus tard, on lui annonça le cancer du sein de sa mère, à un stade assez avancé.

Passé le fait qu’il était donc loin d’être un expert en relations sociales, il savait être très compétent dans plusieurs domaines, que d’autres à son âge n’avaient pas encore acquis. La tenue d’une maison par exemple. C’était le deal chez eux. A lui le ménage, le rangement et le linge histoire de soulager sa mère qui, de par son emploi de secrétaire rentrait souvent tard. Et à elle, la préparation des repas et les courses. S’il était fin gourmet et savait apprécier la bonne chère à sa juste mesure, il était bien incapable de manipuler le moindre ingrédient en cuisine sans que cela ne se transforme en une plâtrée immangeable. Ce qui devint vite problématique au vu de la durée, qui allait sans cesse en s’allongeant, des séjours hospitaliers de sa mère.


Il prenait donc à sa charge le ménage et devint rapidement quelque peu maniaque. Après tout c’était à lui que revenait le rangement et le nettoyage. Il apprit donc très vite à faire attention. Tout en exigeant autant des autres. Mais qui pouvait se plaindre d’un peu d’ordre et de propreté ? Une maison saine et nette, sans microbe était encore le meilleur moyen de ne pas tomber malade. Et de ne pas voir mourir les gens qu’on aime.





My story.  L’histoire de Cédric Aylen pouvait se résumer à ces quelques mots : à la mort de sa mère, il dû aller vivre chez son père


Parlons-en justement de son père. Un type qu’il n’avait jamais vu. Mais qui l’avait pourtant reconnu à la naissance. Et qui payait même sa pension alimentaire sans jamais aucun retard. Ce qui aidait quand même pas mal dans les fins de mois difficiles, il fallait bien l’avouer. Donc à part le nom qu’il portait, il ne connaissait pas grand-chose de lui. Celui-ci était anglais, déjà marié, et avait connu sa mère dans un de ses voyages d’affaires. Elle était rapidement devenue sa maîtresse et était tombée enceinte. Il avait reconnu l’enfant, sans que Cédric n’ait jamais compris pourquoi. Sa mère se cantonnait à un : cet homme est un véritable gentleman. Le tout avec un doux sourire rêveur. Explication que Cédric jugeait assez vaseuse.


C’était bien tout ce qu’il savait sur lui. Et jusqu’à aujourd’hui, cela ne lui avait jamais posé de problème de ne pas en savoir plus. Là, assis en face de son assistante sociale, dans ce train le menant tout droit vers Londres, il commençait à le regretter.


Il devait cependant reconnaitre une chose. Cette petite bonne femme toute rondouillarde et au tempérament assez trempé, assistante sociale de son état, n’avait pas ménagé ses efforts pour qu’il puisse rester en France. Efforts coupés net par un « Il a un père que je sache. Allez donc le trouver au lieu d’essayer de refourguer ce gosse à d’autres ! Vous croyez pas que j’ai assez à faire avec la troisième pisseuse que je vais pondre ! J'suis p’tête pas assez grosse pour que ça se voit ? » A la voir, on aurait même pu croire qu’elle attendait des jumeaux. En tout cas Cédric avait bien reconnu là la grâce et la délicatesse de sa tante… Il fallait dire qu’entre les cris stridents de ses deux cousines qui se disputaient une Barbie qui n’allait pas survivre à l’affrontement, le volume sonore de la télé bloqué à son maximum sur un match de foot auquel son oncle participait très activement de son fauteuil, et les aboiements du berger allemand enfermé dans la salle de bain depuis le début de l’entretien pour ne pas qu’il dérange, Cédric en aurait presque béni sa tante. Et cela faisait plus de trois semaines qu’il supportait tout ça.


Entre l’entrée de sa mère au service de soins palliatifs, son décès, l’enterrement –avec un magnifique soleil, pourtant dans les films il pleuvait toujours à ce moment-là, alors que lui n’avait même pas eu droit à un bout de ciel gris- et toutes les formalités à accomplir, on l’avait collé là sans autre forme de procès. Pour ne pas qu’il soit seul. La bonne blague !


Il en venait presque à comprendre les fréquents coups de gueule de sa tante : « Je veux vivre ma vie, moi ! » Parce que jusqu’à présent Cédric s’était toujours demandé quelle vie vivait sa tante. Celle de la voisine peut-être ? Un arrière-goût de bile lui remonta à la gorge en pensant qu’elle au moins, elle en vivait une de vie.


Le front collé contre la vitre du train, il se replongea dans ce qui faisait sa vie avant. Sa mère, ses cheveux encadrant encore son joli visage et son rire accroché à ses lèvres. Le calme et la douce tranquillité de leur petit appartement. Le soir, quand il rentrait seul de l’école et qu’il commençait à ranger ses affaires scolaires juste au moment où il entendait la porte d’entrée s’ouvrir. Rien que pour faire croire qu’il avait passé tout ce temps sur ses devoirs, en réalité rapidement expédiés, et monter à quel point il était un élève sérieux… Sa mère posant une main fraîche sur son front s’inquiétant de son manque d’appétit… Toutes les bêtises de son ami de toujours qu’il s’efforçait de couvrir… Les virées nocturnes qu’ils s’octroyaient ensemble lorsque sa mère prise par une quelconque réunion ne rentrait que tard dans la nuit… Et tellement  d’autres souvenirs qui venaient se fracasser dans son crâne qu’il se sentait presque suffoquer.

Refusant de craquer, il ferma les yeux refoulant des larmes brûlantes. Lorsqu’il les rouvrit, ce fut sur un dictionnaire de poche anglais/français. « Je crois savoir que ta moyenne en anglais n’est pas terrible. Tu risques d’en avoir besoin. » Interloqué, il prit le livre d’une main hésitante tout en remerciant l’assistante sociale d’un signe de tête. Pourquoi ça n’avait pas été elle sa tante ?

Un pli amer se dessina sur ses lèvres. Ses notes. Les profs avaient été sur ce coup-là très conciliant avec lui. Car son année de troisième s’était surtout résumée à quelques visites en touriste histoire de ne pas totalement être un élève fantôme. Enfin ça, c’était lorsque sa mère sortait de l’hôpital, histoire de ne pas l’inquiéter.  Le reste du temps, il le passait dans le service d’oncologie. Au point même d’appeler chaque infirmière par son prénom alors qu’il n’aurait pas su reconnaitre les visages de la moitié de sa classe.


"Je suis sure que ton père acceptera de te mettre dans un internat en France. Tu vas voir, ça va aller."
Cédric préféra ne pas ouvrir la bouche tant il craignait que sa voix déraille. Le regard empli de reconnaissance qu’il leva vers l’assistante sociale parlait pour lui.



Cela n’avait pas du tout été bien.



L’adresse donnée par son père les mena tout droit devant un immeuble de bureau. Pour le coup, même l’assistante sociale marqua un temps d’arrêt. Puis sans se démonter, elle alla jusqu’à l’hôtesse d’accueil pour expliquer son problème. Le tout dans un anglais qui laissa Cédric quelque peu rêveur. C’est en suivant l’hôtesse vers les ascenseurs que Cédric sentit poindre les problèmes. Où était la proprette petite maison avec son gazon anglais et ses fleurs bien ordonnées ? Avec bien sûr, une chambre spécialement aménagée à son attention… Était-ce trop demander ? Apparemment, oui.


C'était en tout cas très loin de ce long couloir lambrissé avec une épaisse moquette qui étouffait  le bruit de leurs pas. Et tous ses stupides espoirs. Ce fut livide qu’il se présenta avec l’assistante sociale à ce qui paraissait être une secrétaire. Qui le détailla longuement de la tête aux pieds. Cédric fut bien incapable de soutenir le regard de celle-ci et détourna bien vite les yeux.  Les mains dans les poches de sa veste, il serrait les poings à se rentrer les ongles dans les paumes des mains. Et se raccrocha à cette douleur pour ne pas s’écrouler lorsqu’on leur permit enfin de pénétrer dans le bureau.


Le souffle court, il se retrouva face à un imposant bureau couvert de paperasses et à un homme se tenant debout derrière celui-ci. D’abord interloqué, il chercha à comprendre ce qui se passait encore. Celui qui le fixait était un homme d’un âge déjà avancé qui… Qui portait les mêmes lunettes que lui. Enfin pas tout à fait les mêmes. Elles semblaient beaucoup plus luxueuses et étaient certainement griffées d’une grande marque. Mais il réalisa soudainement d’où lui venaient ses problèmes de vue. Et donc, qui se trouvait face à lui à cet instant précis.


Déglutissant difficilement, il entendit de façon très lointaine les paroles de son… De l’homme se tenant face à lui. « Tu ressembles à ta mère… » Cédric, lui, perdit le fil devant l’étrangeté de la situation. Il n’entendit quasiment rien de la discussion qui suivit entre l’assistante sociale et celui qui allait devenir son responsable légal.


Il ne s’était pas attendu à quelqu’un de si âgé. Il aurait dit à vue de nez la soixantaine bien conservée. La soixantaine… Sa mère avait fait ça avec un vieux ?! Ca, couplé à cette rencontre si impersonnelle, il… Il beugait. Il fallut qu’on le rappelle à l’ordre pour qu’il se reconnecte avec la réalité. S’il avait su ce qu’on avait à lui annoncer, il serait resté dans son état cotonneux.


« Tu seras bien là-bas. Et ça te permettra d’améliorer ton niveau en anglais, ce qui ne pourra pas te faire de mal. Tu verras, ça te servira plus tard. »

C’est sûr qu’il se voyait bien servir des Burger et des frites en anglais, histoire de se donner un genre dans sa petite ville de province. Pour le coup, il se mit à haïr l’assistante sociale. Elle l’avait complètement lâché. Fallait dire que son boulot se terminait ici après tout. Il serra donc les dents et ne répliqua rien devant la somme d’ânerie qu’elle venait de lui sortir. Puis tout se précipita.

Elle tenta de le prendre dans ses bras pour lui faire une accolade mais elle ne rencontra que du vide, Cédric s’étant déjà dérobé à sa prise. Un regard peu amène lui faisant comprendre qu’il valait mieux qu’elle ne retente pas l’expérience.  Son ‘père’ puisque apparemment c’était bien lui dont il s’agissait était déjà à la porte de son bureau à parler à sa secrétaire. De ce qu’il en comprit, une histoire de voyage professionnel à Francfort que celui-ci ne pouvait reporter. Il se retrouva donc propulsé, plus vite qu’il ne fallait de temps pour le dire, à un certain Harrison qui devait le mener à son école. Qui semblait apparemment, oh joie, se situer dans un trou perdu au milieu de nulle part.

Il lui fallut le temps du trajet pour se rendre compte de deux choses. D’une, il n’en savait toujours pas plus sur son ‘père’. Ne connaissant ni son métier, ni même s’il avait d’autres enfants.  Et de deux, il n’avait pas décroché les dents de toute l’entrevue avec celui-ci. Et que donc, ce dernier n’avait même pas entendu le son de sa voix. Si cela lui semblait totalement hallucinant, il hésitait toujours entre en rire ou en pleurer.



L' arrivée devant la grille du pensionnat le laissa pantois. Bridges Adams... C'était quoi cette école de bourges ?! Juste une petite question, ça coûtait combien une année là-dedans ? Mais surtout, combien de temps il allait rester là, lui ? Parce qu'il le sentait pas du tout là, mais alors pas du tout.


Il tourna un regard quelque peu affolé à son 'babysitter'qui semblait particulièrement s'amuser de la situation. Celui-ci lui lança d'ailleurs un grand sourire moqueur tandis que la voiture s'engageait dans l' enceinte de l'école. "Classe, non ?"
Cédric ne se donna pas la peine de répondre. Par contre, lui ne voyait pas en quoi ça pouvait être drôle. Parce que là, il ne rigolait pas du tout.




Credits © JIN - TG
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Saint-Adams :: Le bureau des inscriptions :: Album étudiant :: Fiches acceptées-