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Professeur de Géographie

Thomas McComb - Professeurs

MessageSujet: Thomas McComb - Professeurs Sat 10 Oct 2015 - 4:07





     
Nom
McComb
Prénom
Thomas
Âge
29 ans
Classe
//
Groupe
Professeur
Club
//
Métier
Professeur de géographie
Nationalité
Britannique
Sexualité
Pansexuel.
Avatar
Ginoza Nobuchika de Psycho Pass
Goûts
 À ton avis?
This is who I am.




My body. Je me promène bien évidemment vêtu de rose, d'une longue et sensuelle robe, avec un maquillage à outrance et une perruque flamboyante. Oui, mon ton et mon sourire sont très sarcastiques, bravo Einstein. Si tu ne l'avais pas remarqué, car ta vue semble te jouer des tours, je suis un homme et, étrangement, je ressemble à un homme. Autrement dit, j'ai une carrure masculine, bien que souvent mise en valeur sous ma chemise blanche et mes pantalons noirs resserrés à la taille d'une ceinture. Je ne donne pas mes cours en jean et en débardeur, en effet. Je laisse les joggings et les talons aiguilles dans le placard. Non, ce ne sont pas les miens, gros bêta. Des vestiges d'une conquête passée. Chacun ses goûts en matière de tenue, évite donc de juger. Même à la maison, j'ai tendance à me couvrir de ces vêtements, ayant la flemme de m'acheter d'autres habits ou de simplement me changer. Ceux-là me conviennent très bien, en compagnie des pulls. Par contre, il faut dire qu'écrasé sur mon divan, je me permets de retirer la cravate et de détacher ces deux-trois boutons un peu trop étouffants. Mes manches, quant à elles, ont aussi tendance à se retrouver roulées jusqu'aux coudes.

D'accord, je te l'accorde, bien qu'avoir dit être un homme, je suis relativement imberbe. Ne me demande pas pourquoi, mais la pilosité me fuit comme la peste et je n'en ai que quelques vestiges. J'ai dépassé les caps des vingt cinq ans et je ne me suis toujours pas rasé une seule fois. C'est un peu un bien comme un mal, j'économise sur les lames de rasoir et toi tu rigoles comme un idiot, me traite de femme ou de gamin. Pour la première option, je te dirais que j'en serais une shemale, à moins que soudainement la description des sexes ait changé et que les femmes soient décrites comme pourvues d'un trois pièces. Pour le deuxième cas, c'est sûr que les mômes de 1m83, ça court les rues. Personnellement, j'en vois dans chaque cours d'école. Ils tyrannisent toujours les plus petits. Il faut bien que cette poussée de croissance excessive leur soit profitable. J'
en ai d'ailleurs eu une, à l'adolescence. Je suis passé de nabot à grande personne en à peine un an, me rendant dès lors compte que j'étais de ces individus aux longs os, ce qui donnent lieux à de petits poignets comme de petites chevilles. Quant à ces dernières, je peux même en faire le tour de mes doigts. Tu vas me dire qu'ils sont aussi longilignes, un peu comme ceux des pianistes. Ce n'est pas faux, mais ne vas pas croire que je sais jouer du piano. Je t'en casserais les oreilles si j'en touchais les touches. De plus, pour couronner le tout, j'ai alors le droit au mince torse et aux grandes jambes, à ces grandes cannes.

Au final, j'en garde aussi ces épaules bien bâties, donnant à ma silhouette ces allures de V. Comme je rechigne à m'adonner aux sports, à suer comme un porc, je n'ai pas de ces muscles d'athlètes et encore moins de culturistes. Sauf qu'on s'entend que je n'en suis pas non plus dépourvu, je ne suis pas inactif. Je ne passe pas mes journées devant la télévision à manger des chips et à boire du coca. Plutôt, je prends la peine de me rendre au travail à pieds, c'est une distance respectable d'une vingtaine de minute, et de manger convenablement. Je n'ai pas envie de tuer mes artères avec le fast food, si tu désires mourir plus tôt, c'
est à ta guise. Afin, désormais, je suis mal placé pour te lancer cette contrepartie. Je vais peut-être commencer à en manger, tiens. Quoique je ne suis pas certain que mon palais difficile va aimer.

Enfin, je dois aussi admettre que mes cheveux d'ébène sont aussi exigeants que les femmes. Ils sont délicats, se brisent et se mêlent en un claquement de doigts. Chaque matin, c'est un véritable combat entre eux et le peigne. Ni longs ni courts, quoique penchant sur ce dernier côté, ils ont tendances à retomber devant mon visage, longeant mes mâchoires de mèches lises. Il m'arrive de les attacher à de rares occasions ;ils ne raffolent pas des élastiques. De vraies femmes, si capricieux! Mes prunelles rappellent leur couleur, eux-aussi sombres comme de la suie, voire du charbon. Seulement, contrairement à ma chevelure, des éclats verdâtres viennent parfois y danser sournoisement, éclairant pour un court moment mes iris. Tu n'es pas le seul à avoir une mauvaise vue, sauf que, pour ma part, je la corrige d'une fine paire de lunettes ou de lentilles. Toutefois, je ne suis pas très amoureux de cette manie de mettre mes doigts dans mes yeux, tu me verras ainsi plus souvent avec une monture sur mon nez étroit. Autrement, je n'ai pas tendance à arborer ces sourires charmeurs et séducteurs, votant plutôt pour des airs revêches et ne laissant apparaître que des risettes sarcastiques, voire hautaines, moqueuses ou exaspérées.

C'est un topos qui couvre assez tout, maintenant, tu veux ma photo avec ça? On ne sait jamais, si tu as envie de la glisser dans un cadre et de l'exposer fièrement dans ton hall d'entrée. Ou peut-être que tu la glisserais en-dessous de ton oreiller, tu m'as l'air louche. Je devrais peut-être prévenir la direction qu'un type pas très net tourne autour de l'école, ce ne serait pas une mauvaise idée. Je tiens très à cœur mon rôle d'enseignant. Oui, je suis encore sarcastique, bingo.




My heart.  Je tapotai la feuille depuis un moment, mordillant le bout de mon crayon. Je n'ai jamais réellement penser me décrire à un autre, je n'en ai jamais vu l'utilité. Si tu n'es pas capable de déceler comment je suis, surtout franc comme je suis, il y a un léger problème. La mesquinerie et le mensonge me font défaut, ça ne devrait alors pas être bien difficile de me cerner. Je ne me pavane pas sous l'étendard de l'hypocrisie, ayant cette fâcheuse tendance à laisser libre court à mon manque flagrant de tact. Tu me demandes de te décrire comment je suis, quel caractère je possède, quelle personnalité est mienne, toutefois, tu crois sincèrement qu'un point de vue subjectif va refléter la réalité? Si tu veux apprendre à me connaître, ce ne sera pas par mes mots, même si je sais faire preuve d'une relativement bonne introspection, mais bien en m'abordant, en me parlant, en m'adressant la parole. Ce n'est pas très sorcier. Sauf que... il est vrai que ce sera encore et toujours un point de vue subjectif. Ce sera le tien cette fois. Enfin, commençons par le mien, que je te décourage de m'approcher, histoire de garder la sainte paix.

Si tu ne t'en étais pas encore rendu compte, je suis ce que l'on appelle communément un homme de sarcasme. Par écrit, c'est peut-être un peu plus dur à ressentir. Cependant, si tu m'entendais de vive voix, tu en deviendrais vite lasser, je te le garantis. Au sarcasme, je viens mélanger le cynisme et l'ironie. Les trois s'avèrent être complémentaires les uns des autres, comme différents ingrédients d'une même recette. Et, cette recette, elle s'avère bien acerbe par moment. Ce sont des traits qui me sont propres, de base, et je te garantis qu'ils ressortent fréquemment, dès que quelqu'un agit de façon idiote, de façon irréfléchie, de façon superficielle, de façon enfantine, de façon égoïste. En d'autres termes, dès que cela me donne envie de tourner des yeux. Au lieu de le faire, je le dis de vive voix. Je ne m'en gêne jamais et les commentaires ont par ailleurs tendance à fuser avant que je ne pense. Ils sont un peu comme un réflexe, je réagis au quart de tour tout bonnement. Si on se lance dans une joute verbale, je t'accompagnerais avec joie et me ferais un plaisir de rabaisser chaque ineptie que tu pourrais sortir. Je vais me faire relatif. Ineptie pour moi, peut-être pas pour toi, peut-être pas pour les autres. Toutefois, la plupart du temps, ils ont raison d'être, ces commentaires.

D'un autre côté, je ne dis pas à voix haute que mon sarcasme, mais aussi ce que tout le monde pense tout bas. J'émets les faits que tout le monde sait ou que tout le monde a remarqué mais n'ose dire. Pour faire simple, je joue à captain obvious et ça ne me dérange pas le moins du monde. Que mes propos soient blessants ou non, si tu ne sais faire preuve de bon sens, ce n'est pas de ma faute. On t'a mal élevé ou tu fais mine d'écouter ton éducation pour en faire tout le contraire. Je remets à sa place ce qui doit être à sa place, bon gré mal gré. Je ne suis pas un homme des plus tendres, je n'en vois pas l'intérêt. À trop choyer les jeunes, ils deviennent de vrais bébés, des enfants gâtés incapables d'effectuer quoi que ce soit par eux-mêmes. Il en va de même pour les vieux, je ne vais pas être plus sympathique avec cet homme parce qu'il a atteint l'âge d'or. Si son comportement est déplaisant, il va l'apprendre bien rapidement. Je suis intransigeant sur le sujet. Tu es un humain, tu es doué de raison, sers-toi en. Tu n'es pas une vulgaire bête, n'agis pas comme tel ou je vais te traiter comme tel. C'est assez simple à comprendre je pense.

Par contre, ne vas pas croire que je suis insensible, ce n'est pas le cas. Je sais faire preuve d'une grande empathie au même titre qu'une grande ouverture d'esprit. J'accepte aisément les autres, leurs différences ethniques, religieuses, vestimentaires et on en passe. Ce que je n'accepte pas, c'est si tu essayes de m'
imposer tes valeurs, tes croyances. Ce que je hais par-dessus tout, par ailleurs, c'est si tu tentes par tous les moyens de me faire adhérer à une religion. Là, tu te mets sur ma liste noir, ton nom en gras et en italique. Je ne crois pas en un quelconque Dieu et je n'y croirai jamais. Pour moi, la vie n'a pas obligatoirement un sens, elle peut être tout simplement là pour rien. Pourquoi doit-il absolument y en avoir un? Pourquoi quelqu'un doit-il l'avoir créée, doit-il la diriger vers quelque chose? Pourquoi, après la mort, il doit y avoir un autre monde, que tout ne peut pas simplement s'arrêter là? J'accepte tout bonnement le fait que je puisse ne pas avoir de sens, que ma vie n'en a pas et que je n'ai pas besoin de me raccrocher à un mince fil d'espoir. Je vis au jour le jour pour le temps que j'ai, pleinement. Peut-être que je me trompe, peut-être qu'il y a quelque chose, mais je ne le sais pas et je ne le serais jamais jusqu'à ma mort. Je ne suis pas athée. je ne le sais seulement pas. Je suis quelqu'un de terre à terre, j'évite de me fourvoyer dans les croyances et les superstitions. Le hasard fait bien des choses, sauf que ce n'est pas l'œuvre de la destinée. J'en suis le seul maître et tout ce que je fais relève de ma faute, pas celle d'un autre.

Tu n'as toujours pas détalé comme un lapin, tiens? Tu apprécies les gens au fort caractère peut-être? Parce que le mien ne s'arrête pas là. Je suis têtu comme une mule et si j'ai décidé d'une chose, je m'y tiens. Je ne reviens jamais en arrière et je regrette rarement mes actes, ce sur quoi je fais mon buté. Je ne change pas aisément d'
opinions, elles sont bien ancrées en moi. Si j'ai décidé de te mettre un zéro car ton exposé était pourri, tu auras zéro comme résultat à ton bulletin, point final. Je ne joue pas dans la balance du favoritisme et ce n'
est pas parce que tu me fais de ces yeux de chiens battus que je vais tout bonnement changer ta note. Autrement dit, non, tu ne veux pas m'avoir comme enseignant, même si, contrairement à certains de mes collègues, mes explications sont relativement claires et que mes cours n'assomment pas à coup de masse. Plutôt à coup de marteau.

Lorsque je me donne la peine de me faire humoristique, outre le sarcasme, c'est de l'humour noir qui s'évade de mes lèvres. C'est elle qui prédomine. Bien que généralement réaliste, je suis aussi pessimiste tout comme optimiste. Les trois s'entremêlent selon mon humeur et le beau temps. J'avoue, toutefois, avoir une préférence pour me laisser aller au pessimisme. C'est apaisant, tu devrais essayer. Voila, cela englobe le point de vue générale de ma propre personne. Il est subjectif, il est erroné. Mais rien n'est parfait dans la vie, il faut s'y accommoder. Maintenant, je devrais manifestement poser la mine de mon crayon sur mon papier toujours vierge et écrire cette lettre, cette concession, ces dernières volontés.




My story.  « Et, évidemment, je parie que ce caillot ne va ni m'aider à payer le loyer ni m'aider à corriger les copies de mes élèves, hm? » que je fis remarquer, ma voix s'éternisant dans un long soupir. Que de joie en cette belle matinée, que d'amour et de bonheur!

« Hum, M. McComb? » que le docteur laissa tomber, battant des cils. « Vous comprenez bien ce que je vous ai annoncé? »

« Oui, oui. J'ai un sursis de cinq ans, c'est bien ça? » que je m'enquis davantage par principe que par réel questionnement. Il ne fallait pas être un géni et encore moins un devin pour bien saisir ce qu'il venait de m'
expliquer, et ce dans les moindres détails. « On meurt tous un jour ou l'autre, ce n'est pas la mer à boire, je ne vais pas en faire tout un plat. Quoique j'aurais aimé vivre plus longtemps, je suis encore jeune et fringant. Pas que j'ai mon mot à dire sur le sujet au fond. Enfin...»

Ce sourire à la fois compatissant et attristé passa sur ses lèvres, lui qui semblait si mal à l'aise. Je connaissais cet homme depuis tout jeune, il s'était toujours occupé de ma santé, de mes gamineries quand j'étais enfant et de mon sarcasme une fois adolescent. C'était un excellent médecin, de ceux qui étaient compatissants et écoutaient ses patients, ne cherchant pas à les renvoyer chez eux du revers de la main et à gagner du temps. Il n'y en avait pas des tonnes comme lui, c'était un bon vieillard et j'imaginais très bien qu'annoncer à un jeune n'ayant pas même la moitié de son âge qu'il allait mourir dans cinq ans, qu'il ne pouvait rien faire pour changer ce fait, ne devait pas être des plus réjouissants. Étrangement. Finalement, mes migraines n'avaient pas été que mon imagination. Je l'observai un instant dévier le regard, ayant une idée de ce qui le démangeait. Sachant bien quel type de personnage il était, je me doutais qu'il ne voulait pas, par-dessus le marché, ajouter du sel sur la plaie, voire y enfoncer un peu plus le couteau et l'y tourner. Roulant des yeux, je concédai :

« D'accord, d'accord, j'aurais dû venir consulter auparavant. Sauf que je n'en avais pas le temps, ce n'est pas que les élèves qui se retrouvent avec des horaires monstres à la période des examens. » Puis, je me levai, tendant la main pour serrer la sienne de cette forte poigne dont les amis ont. « Bonne journée docteur. J'imagine qu'on se voit relativement bientôt, hein? » Je tentai de détendre l'atmosphère en lui renvoyant de mon ironie légendaire : « On se fera des diners en tête à tête. Vous m'offrirez le repas, hm? ♥ »

J'appuyai mes dires d'un clin d'œil tout en serrant sa main, tandis qu'il poussait un petit rire moqueur un brin exaspéré. Il m'indiqua quand il voulait que je repasse et j'en hochai tout bonnement la tête, fermant la porte derrière moi avant de prendre la direction de mon petit appartement. Lançant un regard au ciel, à son ton gris et alarmiste, je me dis alors que j'aurais mieux fait de prendre un parapluie. L'averse n'allait pas tarder, j'en avais la certitude. Le tonnerre me réconfortait par ailleurs dans cette idée. Oui, je laissais délibérément de côté la nouvelle.

***

Passant la serviette dans mes cheveux, je la laissai par la suite tomber sur mes épaules dénudées. Je m'
assis sur le divan, m'y cheyant mollement. Enlevant mes lunettes, je vins me masser les tempes en fermant les yeux. Cinq ans, hein? Je n'avais plus que cinq années devant moi, peut-être même un peu moins si j'étais malchanceux. Je l'étais déjà bien assez, pourquoi ne pas l'être un peu plus? Je pourrais tout aussi bien dévaler les escaliers demain matin, m'y briser la nuque et y rendre mon dernier soupir, juste en bas de la dernière marche. C'était une possibilité comme une autre, comme cette possibilité d'avoir une tumeur au cerveau. Ça ne m'était pas venu à l'esprit quand je m'étais enfin décidé à rendre une petite visite à l'hôpital. Les maux de tête ne me quittaient plus depuis quelque temps, ils venaient me hanter jour après jour. Aux premiers abords, j'avais cru que c'était les questions ou les moqueries incessantes de mes étudiants qui en étaient la cause. Des adolescents, ça avait le don de vous épuiser. Bien que, généralement, ils avaient tendance à se calmer rapidement. Ils n'étaient pas les seuls à posséder une langue de vipère et ils l'apprenaient toujours bien à leurs dépends, sous les rires de leurs camarades. Ils lançaient le jeu, j'y répondais simplement.  

De mémoire, à leur âge, j'étais très différent. À vrai dire, j'étais pire qu'eux, un vrai cauchemar pour mes enseignants. Je me souviens encore du visage de ma professeure d'histoire en quatrième, quand elle m'avait aperçu dans sa classe. Une belle réputation me précédait, car lorsque je n'aimais pas une matière, je ne tardais pas à le faire savoir. J'étais déjà quelqu'un de désespérément cynique, il suffisait d'imaginer quand quelque chose me déplaisait. Je devenais un diable aux paroles fourbes, sarcastiques, négatives. Mes exposés déprimaient et mes travaux avaient ces tons désagréables, laissant entendre ce que je pensais de la matière. Pourtant, je n'ai jamais coulé aucun cours, en passant certain ras les fesses et d'autres haut la main. Dans le deuxième cas, c'était surtout les cours que j'adorais. Cours assez réduits d'ailleurs, se limitant à la politique et à la géographie. J'étais un cancre en éducation physique, préférant râler sur le banc et répéter aux professeurs, qu'au fond, ça ne servait qu'à peu de choses. Puisque nul n'allait prendre de ces bonnes habitudes de santé après coup. Personne ne se donnait, à l'exception des fous de sport. On faisait le strict minimum, car qui aime empester la sueur dans le cours suivant, à côté de ses camarades? Dont peut-être un plan pas très catholique en vue. Les adolescents n'ont jamais les mêmes priorités que les adultes, faits irrévocables. En réalité, ces nabots qui s'assoyaient dans ma classe et me menaient la vie dure, c'était peut-être le karma. Un karma bien mérité.

Mes yeux dérivèrent vers ma fenêtre, un plan de tomate un peu à l'abandon trônait sur le balcon. Je n'
avais pas eu le temps de m'en occuper, croulant sous les copies à corriger. Déjà, il commençait à se flétrir, menaçant de s'écrouler et de partir en poussière. Il était en train de se dessécher, de mourir à petit feu, un peu comme moi. Seulement, lui, il n'avait pas un testament à rédiger, il n'avait pas des proches à qui dire adieu. À nouveau, je soupirai. En réalité, à qui devais-je écrire, à qui devais-je adresser cette dernière lettre, ce dernier mot? À mes parents, cette seule famille que j'avais et dont je n'avais plus entendu parler depuis des lustres? Ils vivaient à des lieues d'ici, dans une campagne éloignée, et nous nous étions quittés en mauvais terme. Ils étaient croyants, de fervents chrétiens, et je ne l'étais pas. Ils voulaient que j'adhère à leur religion, je ne le voulais pas. Nous passions nos diners à débattre sur le sujet, moi qui, à l'âge rebelle, avais cessé d'obéir gentiment et de faire ma prière. J'avais un jour commencé à poser des questions, à développer mon esprit critique. Il ne me fallut pas bien longtemps à mon sens pour décréter que c'était des âneries, que de simples énormités. Je ne sais combien de fois j'ai sauté le repas car je refusais de prononcer la bénédiction. Le paternel avait décidé que je ne mangerais pas temps et aussi longtemps que je n'aurais pas joint les mains et prier. J'avais perdu bien du poids à l'époque.

En réalité, je n'ai jamais éprouvé de dégoût tangible pour ladite religion. De beaux principes y sont emmenés, c'est plutôt ce que les gens en ont fait qui, en définitive, m'avait rebuté, avait commencé à me faire réfléchir. Les guerres dites saintes, je n'ai jamais réussi à leur trouver un quelconque salut et encore moins une quelconque vertu. Lorsqu'elles avaient été abordées en cours d'histoire, je n'avais compris. Lorsque j'ai posé des questions sur le sujet à mes parents, j'en ai été bien déçu de leurs réponses. Lorsque j'ai constaté cette richesse dont les papes étaient pourvus, tandis que le petit peuple vivait la pauvreté, j'en ai été tout autant interloqué. Lorsque nous avons discuter des injustices qui régissaient les hommes, j'en ai été écœuré. Mes parents qui disaient que c'était la volonté de Dieu, j'en eus un haut le cœur. Plus j'apprenais, plus je posais de question, plus la religion que ma famille m'imposait me paraissait irréelle. Ils refusaient de croire que nous n'
étions pas le centre de la création, que la terre tournait autour du soleil et que ce n'en était pas l'inverse. Je me souviens qu'ils avaient débarqué à l'école, s'indignant devant le directeur de ces inepties qu'on nous enseignait. Quand je dis que c'était de fervents croyant, je ne mentais pas. Ils se refermaient sur eux-mêmes et refusaient de s'ouvrir, de remettre en question ce qu'ils connaissaient et je devais faire de même, je devais être le gentil petit garçon qui croirait tout, absolument tout, ce qu'ils me racontaient. Je n'ai jamais été le bon petit garçon, curiosité oblige.

Il va de soi que dès que j'eus ma majorité, je quittai ce lieu familiale bien trop étouffant à mon goût. 18 ans et je pliai bagage sans hésiter. J'avais toujours adoré observer le monde, découvrir, apprendre, et ce foyer ne me le permettait pas, m'en interdisait même. Je ne me souviens pas si nous nous étions dits au revoir avant que je ne franchisse le seuil, je ne m'étais pas retourné pour les saluer puisque, de toute façon, il n'y aurait personne pour me dire au revoir. Les cartes postales s'échangeaient encore de temps à autres, pour le nouvel an et pâque. Les coups de fil étaient plus rare. À quand remontait la dernière fois que j'ai entendu leur voix?Quelques années. Je n'avais pas calculé. L'entendrais-je même à nouveau avant de décéder? Ça non plus je ne le savais pas. Que pourrais-je leur dire dans ma lettre d'adieu? Que, malgré tout, ils restaient mes parents, que je ne pouvais pas changer ce fait, l'ADN était irrévocable? Qu'au fond, j'aurais aimé passé du temps avec eux ces 11 dernières années? Ils avaient été de bons parents, tout de même. Ils m'avaient choyé durant l'enfance, ils m'
avaient couvert d'amour. Ils étaient seulement incapables d'accepter que je ne puisse partager leur vision du monde. Peut-être, pour une fois, je pourrais y écrire un mensonge, y écrire que je les attendrais dans ce paradis, dans les cieux et que je veillerais sur eux de là-haut? Quoi que je doutais fort que cela se produise, il n'y avait que des nuages au-dessus de nos têtes. Enfin. Il y avait beaucoup d'autres choses, mais n'allons pas chipoter. Il n'y avait seulement pas d'oiseaux qui ne s'assumaient pas en couche ou en robe.

Ainsi, à qui écrirais-je? À ces amis du temps de l'université? Des amis qui, au fond, étaient bien plus des connaissances qu'autre chose? Il y avait bien eu ce colocataire dans les résidences du campus, remarque. On s'
était bien entendu, il me supportait aisément. On demandait encore des nouvelles de l'un et de l'autre, allant parfois boire un verre - lui, moi je me contentais de café - et ressasser ces mauvaises blagues que nous avions faites. Il y en avait une belle ribambelle. Étant aussi plus âgé que ma personne tout comme dans le même programme, celui de géographie, il m'avait bien aidé avec ces difficultés que j'éprouvais lors de certains travaux. Il me pointait les choses importantes à étudier, à savoir, et prenait même le temps de me les expliquer en long et en large. Sans lui, je n'aurais probablement pas réussi avec autant de brio mon université. Cependant, je ne savais toujours pas quoi lui écrire. Devais-je le remercier pour le temps que nous avions passé ensemble, pour ces rires partagés et ces sourires échangés? D'ailleurs, devais-je même l'appeler pour lui annoncer la nouvelle? J'admets que je n'y avais pas encore réfléchi. Au fond, je ne désirais pas dire à voix haute que ma mort approchait ni à lui ni à mes autres amis, mes autres connaissances. Je n'avais ni envie d'
attirer leur pitié ni envie d'apercevoir de la tristesse, si jamais il y en avait. J'avais envie de me faire égoïste et de me taire.

Encore, à qui d'autres pourrais-je m'adresser dans mon testament? À mes collègues? J'avais eu ce poste au sein de Bridges Adams que récemment, ayant changé plusieurs fois d'école. Mon enseignement ne faisait jamais défaut, au contraire. Seulement, j'avais toujours été pris en remplacement pour telle dame qui partait en maternité, tel homme qui, quant à lui, se retrouvait en congé maladie. C'était mon premier poste permanent. Poste permanent pour à peine cinq ans.

Finalement, je n'écris qu'une seule et unique chose, qu'une phrase qui, je crois, résumait ce que je pensais, ce que je ressentais. Ils la découvriront le jour où je mourrais, le jour où le notaire dévoilera mes derniers mots. Jusque là, ces paroles resteront en suspend, cachées sur un bout de papier.




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