Jean Campbell
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Discussion à coeur ouvert

MessageSujet: Discussion à coeur ouvert Mon 23 Oct 2017 - 17:06
Eibe était parti, et pas en très bon terme avec Jean apparemment. Ni avec Cédric… Le punk était resté un peu choqué de cette soudaine distance qu’avait mis le psychologue entre eux. Pourquoi ?
D’accord ils avaient vécu une histoire difficile, mais ils avaient vécu tellement de chose ensemble, que ce lien ne pouvait pas se briser aussi facilement ?... Et pourtant…
Jean n’en avait pas parlé à Alexei. Ce dernier se réjouirait de savoir que l’ancien amant du bleu, qui l’avait fait souffrir, était enfin parti et lui laissait le champ libre.
Il ne restait donc plus qu’une personne avec qui il pouvait parler à cœur ouvert de Eibe. C’était Cédric. Mais vu leur dernière dispute, Jean n’avait pas osé aussitôt lui en parler. Ca avait été plus d’un mois où les deux frères de cœur n’avaient pas parlé du départ de l’homme qu’ils avaient aimé tous les deux… Mais il était maintenant temps de se lancer. Il y avait des choses qui devaient être dites, pour qu’ils puissent avancer et sachent se pardonner mutuellement.
Jean avait alors donné rendez-vous à Cédric, chez lui. Maintenant il connaissait le chemin, et puis on pouvait dire que la guerre était fini entre eux maintenant ? Le plus jeune avait tout de même participé à la fête d'anniversaire du punk, alors ce dernier voyait cela comme un message pour lui dire «  on repart sur de bonnes bases ». De plus, vu que Alexei travaillait jusqu'à tard, ils risquaient d'être tranquille toute l’après-midi.
Jean avait commencé à jouer de sa belle guitare électrique, offert par Joachim, dans l'attente de Cédric. Quand il entendit sonner, il alla lui déverrouiller l’accès et attendit qu'il arrive jusqu'à la porte de l’appartement pour lui ouvrir.

« Hé salut. C'va ? »

Il le décoiffa affectueusement, avant de le laisser entrer. La régle du «  fait comme chez toi » était de vigueur pour Cédric. Jean ne lui proposa alors pas de quoi boire ou manger, Cédric faisait comme il voulait. Quand Alexei n'était pas présent.
Le punk retourna sur le canapé et rangea sa guitare précautionneusement avant de se tourner vers son petit frère. Par quoi commencer. Il était pas du genre à savoir y aller par des pincettes.

« J'pensais qu'il fallait qu'on s'cause un peu. Pas des trucs forcément agréables... Mais j'en ai b'soin, et peut-être que toi aussi ? »

Il se serrait les mains, les desserrait, jouait avec ses doigts, un peu nerveusement, en observant les réactions de celui qui lui faisait face. Il n'avait pas envie que ca parte en dispute, d'où il essayait de quand même réfléchir un minimum avant de parler.

« Par rapport à Eibe, j'sais pas si t'as eu l'même discours, mais perso, il m'a chassé de sa vie. Définitivement. Il a même insisté sur le fait que j'devais pas lui dire au revoir... »Et putain, qu'est-ce que ça faisait mal. Outre le fait qu'il avait plus qu'aimait cette homme amoureusement, il l'aimait aussi sans que ce soit forcément romantique. Un peu comme un membre de la famille, quelqu'un d'important qu'on ne voulait jamais quitter et pourtant...

« Au début, j'ai encore pensé «  c'est la faute de Cédric, c'parce qu'il a tout foiré en sortant avec Eibe et qu'il l'a largué aprés »... j'dis au début.. j'y ai réfléchis d'puis. C'pour ça que je t'en ai pas parlé avant. J'me dis que c'pas de ta faute. C'est d'la mienne... c'moi qui foire tout, tout le temps. »Il soupira et s'affala dans le canapé, et regarda en direction de la télévision qui était éteinte.« Mon père, ma mère, Mike, Logan, Miles, et maintenant Eibe... doit y avoir quelque chose qui cloche chez moi. Ces personnes me détestent, me haïssent, ou en ont plus rien à faire de moi alors que j'aimerai bien retourner dans leur vie...bref. Jt'ai surtout fait d'vnir pour te dire que j'suis désolé... encore... et que j'accepte d'prendre toute la responsabilité de c'qui est arrivé. Que ton couple à foiré, que Eibe te tourne le dos aussi maintenant... J'pas envie d'te perdre non plus. »

Dit-il d'une voix cassée et remplie d'émotion.



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Cédric Aylen
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MessageSujet: Re: Discussion à coeur ouvert Tue 24 Oct 2017 - 3:28
Jean  -oui, Jean !- lui avait demandé de passer le voir chez lui. Ou plutôt chez Alexeï, parce qu’il avait encore du mal à voir cet appartement comme celui de Jean et d’Alexeï, tant il était quasiment certain que ce dernier n’hésiterait pas à mettre Jean dehors si l’envie lui en prenait. Il avait compris qu’Alexeï tenait à Jean rien que par l’anniversaire surprise qu’il lui avait fait. Mais de là à l’imaginer suffisamment aimant pour se comporter comme tel même en cas de dispute, il n’y arrivait juste pas.

Donc Jean l’avait invité à venir le voir chez Alexeï. C’était… pas commun. C’était en fait une demande suffisamment rare pour qu’il s’en inquiète aussitôt. Ca cachait forcément quelque chose. Et quelque chose de pas bon. Il n’avait donc pas hésité deux secondes pour répondre qu’il serait là à l’heure convenue. Et après avoir inventé une excuse bidon pour reporter sa séance de kiné à plus tard, il s’était dirigé vers l’appartement d’Alexeï la tête pleine de questions.
Et il sut que quelque chose n’allait effectivement pas lorsque Jean lui ébouriffa les cheveux. Il s’apprêtait d’ailleurs à râler comme il savait si bien le faire, mais il se rattrapa à temps. Jean avait visiblement des choses à lui dire et commencer par une dispute, même amicale, n’était sans doute pas la meilleure façon de faire. Il se mordit donc la langue alors qu’il enlevait -avec un soulagement évident- ses chaussures. Parce que s’il avait bien retenu une chose au sujet de cet appartement, c’est qu’il fallait enlever ses chaussures dès l’entrée !

Il garda cependant sa veste à son bras alors qu’il allait s’installer à son tour dans le salon. Très vite, il se trouva agacé par la nervosité de Jean, parce qu’il avait lui aussi ses propres sujet de préoccupations. Il l’écouta donc attentivement, tout en lui jetant de fréquents coups d’œil, tout en enlevant avec des gestes secs sa chaussette et surtout sa chevillière. Pour souffler de soulagement alors qu’il se laissait aller dans le canapé…

« Désolé, mais je la supportais plus ! »

Souriant de béatitude de sentir sa cheville libérée de cette camisole, il se décida à s’intéresser aux angoisses de Jean. Parce que oui, Eibe… Il en grimaça avant d’avouer.

« Eh bien moi, je suis soulagé qu’il soit parti ! C’est mieux pour lui et pour Mathéo. Et surtout… Je n’aurais pas du tout aimé le voir avec quelqu’un d’autre pendu à son bras ! Même si c’était fini, je l’aurai mal vécu je crois. C’est mieux comme ça. »

Il se rappelait encore assez de la soirée au Béluga et de son choc à voir Eibe si bien assorti à Mat. Bien mieux qu’avec lui en vérité…  Il en sourit, désabusé, lorsqu’il se rendit compte qu’il en était toujours au même point avec Eibe !

« Même si c’est très égoïste de dire ça. Mais ça nous permet à chacun de tourner la page et de passer à autre chose. La faute n’en revient pas qu’à toi Jean, même si tu nous as bien pourris la vie ! Mais j’étais moi-même trop plein de doutes par rapport à notre différence d’âge et surtout à la responsabilité qu’incombait Mathéo pour rester insensible à tes remarques. Et surtout Eibe a sa propre part de responsabilité parce qu’il t’a laissé faire sans réagir, et c’était pour moi comme s’il te donnait raison. On est fautif tous les trois, chacun à notre manière. Et on en a souffert tous les trois. Non, tous les quatre parce qu’il y avait aussi Mathéo dans l’histoire. »

Il ne voyait pas comment expliquer cet échec monumental autrement, le pire étant certainement qu’il avait réellement aimé Eibe, quoi que Jean ait pu en penser, tout comme il savait qu’Eibe l’avait aimé. Un monumental échec donc.

Mais il savait que Jean était parfois capable de le battre à plates coutures, notamment lorsqu’il s’agissait d’estime de soi. Et pour le coup, il semblait effectivement être en pleine crise… Sachant par expérience que vouloir lui assurer qu’il se trompait de bout en bout ne fonctionnerait pas, il tenta une toute autre approche.

« Moi, ce qui me sidère, c’est que tu aies été capable de te trouver un type qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Eibe ! Ok, il y a des différences mais avoue que les points communs sont frappants. Et d’ailleurs, c’est qui ce type ? Ce Joachim… Et tu l’as dégotté où ? »

Tout en parlant, il piocha dans la poche de sa veste un tube de pommade qu’il tendit à Jean alors qu’il posait son pied sans plus de cérémonie sur ses cuisses. « Tu peux me masser la cheville, s’il-te-plait ? » Tirant sur le bas de son pantalon pour le remonter, il poursuivit sur un ton plus concerné.

« Fais en tout cas attention à ne pas le confondre avec Eibe. Et donne-toi une chance de vivre quelque chose de bien avec quelqu’un d’autre qu’Eibe. Comme… Alexeï. D’ailleurs, qu’est-ce que tu lui trouves à cet Alexeï ? »

Si le ton était dubitatif, il ajouta avec une note de douceur et de sincérité dans la voix. « N’empêche, ta famille fait peut-être défaut mais on peut dire que t’as des gens qui tiennent vraiment à toi. Comme moi, Alexeï ou ce Joachim… Et c'est ça qui compte, non ?» Tout en s’installant confortablement en prévision de son massage de cheville. Il remua d'ailleurs légèrement celle-ci autant pour lui rappeler qu'il devait s'en occuper que pour faire oublier son soudain 'sentimentalisme'. Parce que... Il s'était tout de même inclus -et en premier !- dans la liste.
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Jean Campbell
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MessageSujet: Re: Discussion à coeur ouvert Tue 24 Oct 2017 - 20:00
Cédric ne vivait visiblement pas le départ de Eibe comme Jean le vivait. Aprés tout le plus jeune n'avait eu que quelques mois d'histoire avec lui et non pas cinq ans et plus... c'était pas du tout le même attachement qu'il avait avec psychologue, c'était donc sûrement plus facile pour lui de le voir partir. Mais pour le punk c'était différent.
Le bleu se retint de faire toute remarque désagréable. « voir quelqu'un d'autre à son bras » c'était pourtant ce qu'il avait infligé à Jean pendant un long moment, sans vraiment se soucier de ce que ça provoquait chez lui. Mais ils n'étaient pas là pour se disputer mais pour parler.  

« Tourner la page ? T'y arriveras plus vite et plus facilement qu'moi... »

Parce qu'on ne pouvait pas tourner la page comme ça à une personne qui nous avait fait accrocher à la vie et qu'on avait aimé un peu trop passionnément. Mais peut-être que Cédric ne pourra jamais comprendre ce que ressentait Jean à ce niveau là. Il fallait le vivre pour le comprendre.
Les mots dur de Cédric revinrent lui frapper au visage. Il leur avait « pourri » la vie. Pourrir...Encore une fois, il ne dit rien. Il serra tles poings et écouta jusqu'au bout.
Il haussa un sourcil et regarda toutefois vers Cédric perplexe, ne comprenant pas en quoi Alexei ressemblait à Eibe.  Okep ils avaient un physique de grand musclé, mais à part ca....
Ne se doutant pas qu'il parlait de Joachim, Jean en resta sur le cul un instant avant de réagir.

« Woooh, attends attends. Pourquoi tu causes de Joachim ? »

Il était un peu perdu dans la logique de Cédric là. Il fallait mettre les choses au clair.

« D'jà, Joachim ressemble pas à Eibe. Absolument pas ! Et j'l'ai pas trouvé, c'lui qui est v'nu vers moi... enfin... il écrivait des articles super sur moi quand ça allait mal et un jour il m'a interviewé, on s'est bien entendu et puis voilà... »

Aprés la perplexité, ce fut au tour de la suspicion. Jean fronça les sourcils en fixa Cédric. Ressembler à Eibe qu'il disait... le punk voyait son petit frère arriver de loin.

« T'iras te faire voir si t'cherches à baiser avec ou encore sortir avec lui, okep ? C'pas quelqu'un pour toi. »

Il ne disait pas seulement ça parce qu'il se refusait de les voir tous les deux en couples et se faire dégager de leur vie. Il disait ça aussi parce que le rouquin était plutôt du genre à enchaîner les amants et à les jeter par la suite... Ca n'empêcher pas Jean de tenir à lui !
Puis pour ce qui était de ressemblait à Eibe, Jean ne voyait vraiment pas... ou faisait semblant de ne rien voir. Il avait l'habitude de le faire, même inconsciemment, c'est pour dire !
Il grogna quand Cédric posa sa cheville sur ses cuisses.

« Bien sur monsieur le prince. »

Il roula des yeux et prit le tube de pommade avant de commencer à en mettre sur sa peau et commencer à masser, sans trop savoir comment il devait faire... alors il évita d'appuyer dessus.

« J'ne le confonds pas avec Eibe... »

S'énerva-t-il quelque peu. Il soupira et fixa la cheville qu'il continuait de s'occuper, soudainement pensif.  Qu'est-ce qu'il lui trouvait à Alexei ? Et bien...

« Déjà, t'peux pas dire le contraire, c'est un putain de beau gosse. »

Il en rivalise même avec Eibe.  Voir le blond était beaucoup plus musclé à cause de son boulot.

« Aprés... »

Aprés... comment expliquer les choses sans se faire regarder de haut ou moquer de soit. Jean retira doucement la cheville de lui et la posa sur le canapé avant de se lever. Il prit un mouchoir pour s'essuyer les mains rapidement puis retira son haut.

« Les cicatrices j'les ai pas que sur la gueule hé... enfin t'vois quoi. »

Il lui montra aussi son dos avant de se remettre face à lui et tapoter son ventre.

« J'étais pire quand j'ai rencontré Alexei. Pas obèse non plus, mais j'faisais plus de sport et les médocs m'ont fait prendre beaucoup d'poids. Bref , j'ai aussi des marques sur le cul, entre les cuisses... »

Il remit son pull et revint s'asseoir, remettant la cheville de Cédric sur lui pour la masser.

« Ben malgré ça, il m'a désiré... moi un type dégueulasse, plein de cicatrice et un vrai déchet à l'époque...  Voilà c'que j'lui trouve. Il est loin d'être parfait, il est connard sur les bords des fois, froid, distant... il m'donne rien à par quand on couche ensemble...et pourtant....J'sais pas si c'est la peur d'finir seul ou autre chose d'plus comme de... l'amour... »

Il gardait de nouveau les yeux baissés sur la cheville qu'il ne massait plus. C'était difficile de parler de ça, à un Cédric qu'il voyait comme un gamin. Gamin qui avait profiter de connaître son passé pour l'attaquer sur ses viols quand ils s'engueulaient... Là il aurait encore d'autres bon argument pour faire taire Jean et lui faire mal en passant.

« T'dois m'comprendre ? T'as été né d'un viol, t'dois être reconnaissant aussi qu'on t'baise  et qu'on t'aime quand même nop ? »



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Cédric Aylen
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MessageSujet: Re: Discussion à coeur ouvert Thu 26 Oct 2017 - 0:43
Que pouvait-il répondre à cela ? Si ce n’est que Jean avait sans nul doute raison. Il parviendrait à passer au-dessus de toute cette histoire bien avant lui. Mais est-ce que cela voulait forcément dire qu’il avait moins aimé Eibe que lui ? Peut-être, d’une certaine manière… Mais surtout, il ne s’était pas voilé la face. Eibe n’avait voulu s’encombrer ni de Jean, ni de lui. Ni l’un, ni l’autre ne lui avait été finalement réellement indispensable…  
Mais cela, il préféra le garder pour lui. Il ne servait à rien de remuer le couteau dans une plaie déjà à vif, d’autant que c’était la seconde fois que Jean vivait un tel abandon, sans même qu’Eibe lui jette un regard en arrière.

Alors oui, il s’inquiétait -et pas qu’un peu- de ce Joachim débarqué d’il ne savait où et de sa trop grande ressemblance avec Eibe. Bien qu’apparemment, il semblait être le seul à avoir ce sentiment de déjà-vu, ce qui le fit d’autant plus tiquer. Mais là encore, il préféra se mordre la langue. Il fut d’ailleurs bien aidé en cela par la pommade froide soudainement déposée sur sa cheville accaparant ainsi toute son attention. Du moins le temps que ça se réchauffe et que surtout, il retrouve suffisamment de voix pour répliquer aux suspicions totalement infondées de Jean !

« Quoi ?! Ah, mais non ! Eibe m’a largement suffit, merci ! J’ai peut-être quelques petites tendances masochistes mais j’en suis pas encore à ce point-là ! Non, je ne veux rien avoir à faire avec lui, tout comme Alexeï d’ailleurs… »

Au moins, les choses étaient dites et elles avaient l’avantage d’être claires et nettes. Et si ça n’avait tenu qu’à lui, il aurait tiré Jean par la peau des fesses loin de l’influence de ces deux hommes ! L’un était aussi agréable qu’une porte de prison, et encore il était à peu près sûr que la porte de prison devait être plus sympathique, et l’autre… Bah, l’autre était… Trop, bien trop ressemblant à Eibe. Au moins physiquement. Et de ce qu’il avait pu aussi en observer. Juste pour le bien de Jean, bien sûr !
Il rajouta donc pour bien marquer son point.

« Et puis Lee est bien trop important pour que je fasse n’importe quoi. Et encore moins pour un type qui se moque totalement de savoir si j’existe ou pas !»

Il était maintenant sûr de s’attirer des réflexions comme quoi il avait vite oublié Eibe pour quelqu’un qui disait l’avoir aimé et bla-bla-bla, bla-bla-bla… Mais il devait bien avouer que toute cette histoire lui avait laissé un drôle de goût doux-amer. Et puis à quoi bon puisque Eibe était parti de toute façon…

Il ne s’était par contre pas attendu à ça. A tout ça, en fait. Que Jean puisse lui dévoiler de telles cicatrices alors qu’il l’avait déjà tellement bousculé au sujet de ses viols était… Courageux de sa part. En plus de lui accorder une confiance qu’il n’aurait jamais pensée avoir à nouveau. Et même s’il n’était pas d’accord quant au constat que Jean portait sur lui-même, il ne chercha pas à confronter son point de vue au sien. Pas lorsqu’il parlait d’Alexeï comme cela.

« …Je ne sais pas si c’est  vraiment de l’amour mais c'est sûr que ça y ressemble beaucoup en tout cas. »

C’était dit sur un petit ton absolument désolé, presque en s’excusant de devoir confirmer les doutes de Jean quant à ses sentiments. Et un peu comme s’il venait de lui annoncer qu’il était atteint d’une maladie longue et douloureuse, ce qui était en fait un peu le cas, il tenta de se montrer aussi rassurant que possible quant à la suite.

« Je t’avouerai que je ne l’apprécie pas plus que ça et je pense que c’est réciproque d’ailleurs. Mais comme il est visiblement important pour toi, je vais faire en sorte à ce que ça se passe bien. »

Et c’était bien tout ce qu’il pouvait lui promettre. Qu’il ferait lui de son côté des efforts parce que même si c’était Alexeï, c’était toujours quelqu’un qui pourrait lui faire oublier Eibe. Et le principal était là après tout.
Sauf que toutes ses belles résolutions eurent tendance à s’envoler à ce qui suivit. Regardant Jean les yeux ronds, il tentait d’assimiler ce qu’il venait de dire… Parce que non, la reconnaissance ne passait juste pas. Que ce soit envers Alexeï ou n’importe qui d’autre !

Agacé, il ramena sa cheville contre lui et passa ses nerfs sur sa chevillière qu’il essaya de détendre en la tirant dans tous les sens, comme à chaque fois qu’il devait la remettre. Puis soupirant, il chercha à expliquer à Jean en quoi la reconnaissance n’avait rien à voir avec l’amour !

« Non ! J’aime ou j’aime pas mais je ne suis pas reconnaissant ! Tu ne peux pas aimer quelqu’un en étant juste reconnaissant parce qu’il s’occupe un peu de toi, c’est pas ça l’amour… Tu étais reconnaissant envers Eibe ? Juste reconnaissant ? Il n’y avait vraiment pas autre chose ? »


Bon, il avait peut-être une vision un peu trop romanesque et passionnel de l’amour mais il savait que ce n’était pas juste de la reconnaissance ! Parce qu’il n’était pas reconnaissant envers Lee tout comme il ne l’avait pas été envers Eibe. C’était juste du grand n’importe quoi ! Né d’un viol ou pas d’ailleurs…
Ce qui lui faisait penser qu’il avait effectivement beaucoup de choses à raconter à Jean. Tellement qu’il ne savait en fait pas par quoi commencer. Peut-être par le plus simple ? S’il y avait quelque chose de simple dans sa propre histoire.

« On a fait faire des tests ADN et ma mère n’est en fait pas ma mère. J’ai aucun gène en commun avec elle. Pourtant, elle m’a bien accouché et comme j’ai failli mourir à la naissance à cause du cordon autour de mon cou, elle m’a même fait passer pour mort pour pouvoir me garder. J’ai… Eu mon certificat de décès entre mes mains avec mon nom et ma date de naissance et tout, écrit dessus. Ça fait un drôle d’effet... Enfin, pas plus j’imagine que si j’avais vu ma propre tombe mais… Parce que j’ai été enterré, enfin un autre bébé mort a été enterré à ma place. C’est bête mais j’y pense tout le temps. A ça et… »

Sa voix s’était faite de plus en plus basse à mesure qu’il parlait pour finalement s’éteindre totalement alors qu’il remettait sa chaussette. Autant pour se donner quelque chose à faire que pour avoir une bonne excuse pour ne pas regarder Jean. C’était idiot mais il trouvait cela presque pire que l’histoire du viol de sa mère… Là, c’était presque comme s’il n’existait pas. Ce qui était d’ailleurs le cas aux yeux de sa ‘vraie’ mère.
Il reprit donc avec un peu plus de force pour terminer son histoire, le regard toujours fixé sur sa chaussette qu’il avait fini par remettre.

« Et à ma mère. Ma ‘vraie’ mère. Ou la donneuse de cellule ? Je sais pas comment je dois l’appeler ou la considérer. Elle ne sait même pas que j’existe ! Elle ne sait pas qu’elle a un deuxième fils, son premier enfant en fait, là quelque part en Angleterre... »

Et il avait pour le coup envie d’en pleurer, comme à chaque fois qu’il y pensait. Avec toujours aussi la même vague de haine effroyable envers sa mère, parce  qu’il ne comprenait pas pourquoi elle n’avait pas rendu le bébé. Ça ne lui ressemblait tellement pas ! Pourquoi elle avait fait ça ?! Jusqu’à aller enterrer un autre enfant à sa place ! Ça le rendait presque coupable d’être vivant ça !

Une nouvelle fois, il tournait sur les mêmes questions sans réponse. Et comme à chaque fois, passer nerveusement ses mains dans ses cheveux n’aidait malheureusement pas. Mais surtout, il n’osait plus lever la tête pour regarder Jean en face.
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Jean Campbell
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MessageSujet: Re: Discussion à coeur ouvert Sun 29 Oct 2017 - 11:22
Jean avait du mal à croire Cédric. C'était un peu contre sa volonté qu'il avait du mal à lui faire confiance à propos de Joachim et de Alexei ou de tout autre mec faisant parti de son entourage. Parce que aprés tout, Eibe lui avait menti. Il n'avait pas tenue sa promesse de ne pas coucher avec un des proches du punk, pire, il était sorti avec son petit frère de cœur. Et ce dernier n'avait pas arrêter pour autant de voir le psychologue, même en sachant tout le mal que ça faisait au bleu. Donc il l'aurait à l'oeil concernant Joachim. Pour ce qui était d'Alexei, il connaissait le policier, et ce dernier n'appréciait pas le côté «  je veux avoir le dernier mot » de Cédric. Pourtant Jean l'avait aussi ce côté là, mais c'était différent avec le bleu il fallait croire.  

« Hé c'pour ça que t'as quitté Eibe ? Pour Lee ? »

Jean haussa un sourcil. Il voulait savoir ce qui s'était réellement passé. Et par curiosité, il voudrait voir à quoi ressemblait le type qui avait fait que Eibe passait au second plan. Parce qu'un mec comme Eibe, on pouvait pas le remplacer par n'importe qui.
En tout cas, Jean pouvait comprendre pourquoi Cédric se posait des questions sur Alexei, et pourquoi le punk était avec lui. Il se leva alors, montrant ses cicatrices et lui expliquant que malgré ça, Alexei le désirait et l'acceptait dans son lit. C'était vraiment pas rien pour Jean qui avait des fois vraiment du mal à regarder son reflet dans un miroir, détestant par dessus tout son corps qu'il considérait comme un déchet.

« Ouep Alexei t'aime pas beaucoup. Il est au courant pour l'histoire avec Eibe, que tu étais avec lui. J'pense qu'il s'demande pourquoi t'as encore une place importante dans ma vie. »

Il haussa les épaules.  Et il comprenait aussi son blond à ce propos. Cédric lui avait fait beaucoup de mal, surtout avec ses paroles. Jean aussi lui en avait fait... et pourtant ils continuaient de se voir et de s'accrocher à leur relation de frères.  
Quand Cédric retira sa cheville, Jean se leva pour aller se laver les mains de la pommade avant de revenir vers lui, sourcils froncés.

« J'étais reconnaissant envers Eibe et j'le serai toujours parce qu'il m'a sauvé la vie Cédric ! Je l'aurai pas connu en prison, on s'rait pas là à causer. Mais c'm'empêchait pas d'avoir des sentiments fort pour lui ! C'était les deux ! »

Cédric le savait pourtant à quel point il avait aimé Eibe ? Pourquoi remettre tout en doute maintenant. Jean aurait un mal fou à oublier cet homme et surtout faire taire tous ses sentiments pour lui. Ouep, il avait Alexei, et ça allait l'aider, mais il aurait un gros travail à faire sur lui-même surtout. Parce qu'il vivait mal cet abandon.
Mais fini de parler de lui et de son mal être. Il y avait visiblement plus important. Jean prit sur lui pour ne pas poursuivre et s'installa de nouveau à côté de son petit frère, écoutant son histoire. Sa mère n'était pas sa mère, mais elle l'avait accouché et...

« Oula... attends. »

Parce que c'était compliqué à tout saisir là. Il y avait trop d'informations qui arrivaient d'un coup.

« Pourquoi c'pas ta mère si elle t'as accouché et élevé ? J'pige pas... »

Et il se foutait pas de sa gueule. Il le regarda, perplexe. Mais il se souvenait d'une émission à la télévision qu'il avait vu il n'y a pas si longtemps qui lui rappelait un peu l'histoire de Cédric.

« C'comme les vols de bébé à la naissance ? Sauf que là on a payé ta mère pour qu'elle te porte ? »

Parce que pour lui, ca restait bien sa mère.
Il resta un instant silencieux avant de  souffler et  de se tourner complètement vers Cédric.

« Etre parent pour moi, c'pas une question d'adn ou de sang... c'est ceux qui aiment et s'occupent de leur gosse. Aprés si t'veux voir ta vrai mère et oublier l'autre, rien ne t'empêche d'aller la voir et lui expliquer ? T'as quoi ? 21 ans ? T'as encore plein d'temps d'vant toi pour renouer avec elle. »

Plus facile à dire qu'à faire, ça il le savait. Mais si Cédric avait de quoi la retrouver, pourquoi ne pas tenter ?



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Cédric Aylen
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MessageSujet: Re: Discussion à coeur ouvert Tue 31 Oct 2017 - 16:07
Il fixait Jean, atterré, en se demandant s’il avait bien entendu ce qu’il… Avait entendu. C'pour ça que t'as quitté Eibe ? Pour Lee ? Les mots l’avaient comme assommé, et il restait là hébété à se demander quoi répondre. Du moins jusqu’à ce qu’il se reprenne et qu’il clame son innocence. Parce que c’était bien de cela qu’il s’agissait, se justifier sur sa rupture avec Eibe.

« Non ! Lee était avec Joshua à ce moment-là, et même encore après… Et Eibe mérite mieux que ça, non ? C’était… C’était pour lui rendre sa liberté à lui et à Mathéo. Qu’ils se retrouvent pas coincés dans dix ans avec un handicapé ! Leur permettre de mener une vie normale avec quelqu’un qui pourrait être là pour eux, et pas l’inverse. Tu avais raison sur ça… Je suis pas quelqu’un sur qui on peut compter. Je sais que j’aurai dû lui en parler, qu’il m’aurait rassuré en me disant qu’il aurait toujours été là pour moi. Parce qu’il l’aurait été, je le sais ! Mais moi, je voulais pas l’obliger à rester avec moi, pas comme ça ! Et puis… Il m’a pas retenu. Il n’a pas cherché à le faire, à comprendre ce qu’il se passait ou même tenter de plaider sa cause !... Alors c’était sans doute mieux comme ça, non ? »

Il ne l’avait pas fait pour Jean, pour Lee ou même pour lui. Il l’avait fait parce qu’il avait pensé que c’était le mieux pour Eibe et Mathéo. Et peut-être qu’il s’était trompé mais Eibe n’avait pas cherché à démentir. Et quelque part, aussi douloureux que c’était de l’admettre, peut-être qu’Eibe avait eu raison de ne pas le faire. La situation déjà pas simple avec Jean serait vite devenue intenable avec ses doutes et ses peurs quant à son avenir.
Là, s’il y avait toujours Joshua à prendre en compte, Lee n’avait au moins pas d’enfant. Et s’il devait un jour en raison de son état physique, s’éloigner de Lee, ou voire carrément ‘partir’, il n’aurait pas à faire face à un regard d’enfant. Aussi lâche que cela pouvait être. Il n’était de toute façon pas connu pour son grand courage...

Et puis, il n’était pas Jean à se cramponner à quelque chose qui n’était plus. Si ça faisait mal, il serrait les dents, arrêtait de manger ou du moins il ne voyait plus vraiment l’intérêt d’avaler quoi que ce soit, et poursuivait sa route droit devant en s’interdisant de regarder en arrière. Parce que s’accrocher ne servait à rien et quand c’était fichu, bah… C’était fichu. Parce que pleurer, se lamenter et refaire le monde avec des ‘Et si…’ ne changeaient malheureusement rien. Et peut-être que Eibe pour le coup, avait eu la même perception des choses ?
Ne lâchant toujours pas Jean du regard, il poursuivit plus calmement.

« J’ai aimé Eibe. Pas comme toi c’est sûr, mais je l’ai aimé. Vraiment... Et je suis quand même soulagé de savoir que tu ne confonds pas reconnaissance et amour. »


Surtout pour ce qui concernait Alexeï. Il ne fut par contre absolument pas étonné des doutes, et surtout de l’incompréhension, de celui-ci sur la sincérité de sa relation avec Jean. Décidément, ce type n’avait absolument rien pour lui !

« Ce type est un vrai troll des cavernes… Jean, je sais que cette relation est importante pour toi et je l’ai dit, je ferai des efforts. Mais ça ne m’empêchera pas de m’inquiéter. Si un jour, tu le déçois pour une raison ou une autre, est-ce qu’il te lâche comme une vieille chaussette sans un regard en arrière ? Juste parce qu’il ne comprend pas qu’on puisse pardonner à quelqu’un qu’on aime ? »

Ce n’était pas dit pour qu’Alexeï puisse un jour comprendre ce concept. C’était en vérité plus dit pour Jean que pour celui-ci. Que Jean sache qu’il y avait des gens qui s’inquiétaient pour lui tout en respectant son choix.

Et question choix, il avait lui aussi pas mal de choses à expliquer. Et pas des plus simples. Et comme il s’y était attendu, Jean se montra d’abord incrédule avant de bien vite mettre les pieds dans le plat.

« La question n’est pas de savoir qui est ma vraie mère ou pas. Ou du moins, j’en suis pas encore là. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle a fait ça. Pourquoi elle ne m’a pas rendu, je ne lui appartenais pas, je n’étais pas SON bébé ! Ou un peu mais… Est-ce que porter un enfant pendant neuf mois dans ton ventre, le fais devenir TON enfant ?! Et l’autre mère alors, tu la rayes juste comme ça, définitivement ? Mais qui te donne le droit de faire ça ? Est-ce que ça te donne le droit d’empêcher l’enfant de connaitre son autre mère ? »

En sachant que l’enfant est… Lui. Pourquoi sa mère avait-elle pris ce genre de décision à sa place ? Et sans jamais lui en parler, même sur son lit de mort ?!

Il ne comprenait pas parce que ce n’était absolument pas l’image qu’il gardait d’elle. Quant à aller voir son autre mère, la biologique, la donneuse de cellule -il ne savait toujours pas comment l’appeler !- c’était tout aussi compliqué.

« Mon père m’a demandé d’attendre trois mois le temps qu’il lui explique que… J’existe ? Parce qu’elle ne sait même pas que j’ai été conçu avec une de ses cellules… Donc j’attends et… J’ai aucune idée de comment toute cette histoire va se terminer. J’ai l’impression d’être soudainement devenu une bombe humaine… »

Ce qui était quand même une idée très dérangeante. Il préféra donc rapidement corriger Jean sur son âge. Au moins avec celui-ci, il était à peu près sûr de ne pas avoir de mauvaise surprise.

« Non, j’ai 19 ans. J’aurai 20 ans en décembre. Et ne viens pas dire que je suis un gamin !»

Même si c’était en fait le cas.
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Jean Campbell
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MessageSujet: Re: Discussion à coeur ouvert Wed 1 Nov 2017 - 10:07
Jean était d'accord au moins sur une chose avec Cédric : c'était que c'était mieux comme ça. Mieux que Cédric ne soit plus avec le psychologue. Et l'excuse de la maladie, ou d'un autre mec dans la vie du plus jeune ne changeait rien au fait que Cédric avait quand même quitté Eibe et que ce dernier avait du mal le prendre, d'où il ne s'était pas accroché à son ancien amant. La fierté d'un homme d'âge mur peut-être aussi...

« Donc Lee t'l'aimes pas, parce que t'en as rien à foutre qu'il se retrouve avec un handicapé plus tard ? »Il suivait simplement la logique de Cédric. S'il remettait tout sur sa maladie, et au fait que plus tard il sera sans doute dans un fauteuil roulant, il allait donné ça comme excuse à toutes ses ruptures, nop ? « C'pour passer l'temps c'est ça ? J'dis pas ça en te jugeant. J'préfére que tu passes l'temps avec des mecs  comme ça et pas Eibe... ou Joachim, Alexei … Bref des personnes à qui j'tiens hé. »

C'était une manière de vivre. Quand il était plus jeune, Jean changeait de copine pratiquement toutes les semaines, voir en avait plusieurs en même temps... Il n'allait donc pas juger la conduite de Cédric. Il avait tout à fait le droit de vouloir s'amuser et passer du bon temps en profitant de sa jeunesse et de sa bonne santé.

Par contre, l'image que Cédric avait de Alexei, lui fit froncer les sourcils. Okep Alexei c'était pas la personne la plus parfaite au monde, et Jean râlait plus sur lui qu'autre chose quand il en parlait, mais c'était pas une raison pour l'insulter et encore moins prévoir un avenir voué à l'échec avec lui.

« Alexei a son caractère. Comme t'as l'tien. Il était là quand j'rentrai des discussions qu'on a eu. Il sait les mots que t'm'as dit, dans quel état j'étais... c'normal qu'il se méfie de toi. »

Alexei n'était pas du genre à faire dans le demi mesure. Il t'appréciait ou non. Un peu comme Jean en fait, sauf que le punk lui faisait tout pour le montrer quand il n'appréciait pas quelqu'un.  

« L'jour où il me lâchera... »Parce que c'était une évidence pour Jean, ça allait arriver. Il avait arrêter de croire en des relations durables. Ce n'était pas possible avec son passé et surtout le comportement qu'il avait.« J'retournerai dans mon 10m² et j'continuerai ma p'tite vie d'éboueur. Que veux tu que j'te dise ? J'pense pas que je tenterai d'me retrouver quelqu'un. Logan, Eibe, Alexei... ca suffira. »

Parce que contrairement aux apparences, Jean était un passionné. Il mettait du temps à accorder sa confiance, à faire rentrer les personnes dans son petit cercle, et surtout à aimer. Mais quand c'était le cas, il avait un mal fou à ce défaire de ces personnes qu'il avait accepté dans sa vie.
Preuve en est avec Cédric. Malgré le mal qu'il lui avait dit, il continuait de s'accrochait à sa relation avec lui, même si elle était peut-être toxique ? La même avec Alexei... Toxique ou non, Jean ne savait pas le voir de toute manière.
Pour en revenir au sujet Cédric, l'histoire était vraiment compliquée. Sur que ca devait faire un coup d'apprendre ce genre de chose et perdre le fil dans sa vie parce que tout en ce qu'on croyait, était du flan.

« Moi j'comprends. Elle t'a eu pendant  9 mois. Y'a des liens j'pense qui se sont fait, et elle a pas su t'abandonner à des richoux qui l'ont utiliser comme objet porteur. »

Il n'était pas trop pour les mères porteuses. C'était un concept qu'il avait du mal à trouver moral. Mais c'était simplement sa vision des choses.

« Qui donne le l'droit d'pouvoir payer une nana pour qu'elle porte un gosse pour qu'on lui enlève au final contre de l'argent ? Hé ? »

Fallait aussi réfléchir dans ce sens là. Et puis Jean trouvait cela dégueulasse que seul les riches pouvaient avoir de l'aide comme ça pour avoir des gosses. Lui il faisait comment s'il voulait un enfant hé ?

« Le plus important , c'pas  les parents. C'est qui tu es. Tu respires, tu râles, t'es chiant, c'qui fait de toi un Cédric ! »Il lui ébouriffa les cheveux.« Avec un frère super cool à ses côtés qui le lâchera pas. »Il lui sourit, voulant lui faire comprendre qu'il serait là pour l'aider, comme il le pouvait dans cette épreuve.



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MessageSujet: Re: Discussion à coeur ouvert Fri 3 Nov 2017 - 3:11
Il ne comprenait pas comment Jean pouvait arriver à de telles conclusions. Parce qu'il lui semblait bien avoir justement clamé tout le contraire...

« Quand ai-je dit que je n'aimais pas Lee ? J'ai juste dit que Lee n'avait pas d'enfant qui en grandissant aurait dû faire face à mon handicap de plus en plus important.Pour une fois que je fais passer les autres avant ma petite personne, tu pourrais au moins le remarquer. »


Ce n'était pas vrai, il pensait souvent aux autres avant lui-même mais cela Jean n'était juste pas capable de le voir. Alors il avait pris le parti d'en plaisanter même si en vérité, il avait surtout envie de soupirer devant le fait de devoir toujours réexpliquer encore et encore les mêmes choses.

Il n'était pas sans savoir que jean avait mauvaise opinion de lui, et ce n'était pas pour rien après tout que celui-ci l'avait collé dans une poubelle lors de leur première rencontre, mais parfois comme aujourd'hui, c'était plus difficile à prendre avec le sourire. Il s'y obligea pourtant parce qu'il n'avait juste pas la force de partir sur une nouvelle dispute.

« Jean, ni Joachim, ni Alexeï ne m'intéressent. Et je ne les intéresse pas non plus. Je leur ai d'ailleurs à peine parlé lors de ton anniversaire ! Et pour Eibe, accepte une bonne fois pour toute qu'on s'aimait. Et ce n'était pas fait dans le but de te faire du mal mais juste pour être heureux, nous. Parce que si Eibe t'avait choisi à ma place, tu aurais profité de ton bonheur sans te préoccuper un instant de savoir si ça me faisait du mal ou pas. Et ne viens pas me dire que tu aurais refusé de sortir avec lui par égard pour moi ! »

Parce qu'il ne l'aurait juste pas crû. Mais il devait bien avouer ne pas savoir quoi faire pour rassurer Jean quant à Joachim ou Alexeï. Et d'ailleurs, Jean ne sortait même pas avec Joachim ! C'était du grand n'importe quoi... Mais à part les éviter comme la peste, ce qu'il avait d'ailleurs fait avec l'un et l'autre à l'anniversaire de Jean, il ne voyait vraiment pas ce qu'il pouvait faire de plus.

Déjà agacé et fatigué par les énièmes reproches de Jean, il se trouva rapidement excédé quand le sujet de leur dernière dispute revint sur le tapis. Dispute qui n'avait même pas lieu d'être puisque Jean avait encore tout compris de travers ! Comme si on pouvait réellement reprocher à quelqu'un de s'être fait violer... Ça n'avait juste pas de sens.

Il se força cependant au calme parce que Jean ne comprendrait encore une fois que ce qu'il voudrait bien comprendre, donc le fait qu'il s'énervait et lui criait dessus. Et ce n'était définitivement pas le message qu'il voulait lui faire passer.
Se rapprochant de lui, il lui prit son visage entre ses mains pour planter son regard dans le sien et ne pas le lâcher pendant toute sa démonstration.

« Jean, je suis malade, je ne l'ai pas voulu, je ne l'ai pas cherché, ce n'est donc pas de ma faute. Tu t'es fait violer, tu ne l'as pas voulu, tu ne l'as pas cherché, ce n'est donc pas de ta faute. Je suis malade, oui, mais ça ne fait pas de moi une personne sur qui on peut cracher, ma maladie ne me rend pas sale. Tu t'es fait violer, oui, mais ça ne fais pas de toi une personne sur qui on peut cracher, tes viols ne te rendent pas sales. D'accord ? »

Il resta un long moment ainsi à l'obliger par le regard à prendre en considération ce qu'il lui disait avant de finalement le relâcher pour venir lui déposer un baiser sur la joue. Après tout, est-ce qu'on embrassait quelqu'un de sale ? Si après cela, Jean pensait toujours qu'il avait voulu l'enfoncer en lui parlant de ses viols, il ne pouvait plus rien pour lui.

Il rajouta d'ailleurs, comme un leçon de morale. « Tu vas t'arrêter à trois ? T'auras pas beaucoup essayé ! Un enfant, quand il tombe, il reste pas par terre à pleurer. Ou s'il le fait, il finit toujours par se relever et remarcher à nouveau. Dix, quinze, mille, dix mille fois s'il le faut. Tu préfères rester par terre à pleurer sur ton sort ou réessayer jusqu'à ce que tu finisses par trouver la personne qu'il te faut ? » La question pour lui ne se posait pas et il se moquait bien de l'opinion que les gens pouvaient avoir sur lui. Au moins lui, il essayait.

Et ce fut là qu'il eut la merveilleuse idée de parler de sa mère... Parce qu'évidemment jean et lui n'avait pas du tout le même angle de vue. Et si Jean n'avait pas tort, il avait lui aussi des arguments pour dénoncer les agissements de sa mère.

« Etre mère porteuse est illégal en France. Et elle a accepté de le faire. Alors qu'elle aurait très bien pu aller porter plainte à la gendarmerie. Elle savait ce qu'elle faisait et elle s'était engagée à faire quelque chose pour quelqu'un. On ne lui a pas non plus mis le couteau sous la gorge, elle pouvait refuser de le faire.»


Il était réellement fatigué, épuisé même ! Rassurer, convaincre de la bienveillance de ses intentions, expliquer, réexpliquer, prouver sa bonne foi, déculpabiliser, apaiser, c'était juste usant. Bien trop usant pour lui. Au point de se laisser à nouveau tomber sur le canapé avec un pâle sourire quelque peu ironique à la dernière description que Jean faisait de lui. Une nouvelle fois guère flatteuse... Et une nouvelle fois, il ravala les mots qui menaçaient de sortir. Et que Jean ne vienne pas dire qu'il ne faisait pas d'efforts !
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Jean Campbell
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MessageSujet: Re: Discussion à coeur ouvert Sun 5 Nov 2017 - 10:49
C'était par logique que Jean avait conclu que Cédric n'aimait pas son mec actuel. Parce qu'il avait quitté Eibe par amour pour lui, c'était bien ce qu'il disait nop ? Ne pas lui infliger sa présence parce qu'il était malade... Enfin bref. Jean haussa les épaules. Il ne comprenait pas la logique du plus jeune. S'il ne voulait pas être un poids pour l'un, pourquoi le serait-il pour un autre ?  Autant qu'il reste célibataire s'il ne voulait pas avoir ce genre de remord. Même si le punk était plus dans l'idée que la maladie était plus une excuse pour Cédric d'avoir quitter Eibe. Car même malade, si on aime, on passe au dessus.

« C'est différent. La relation et l'histoire que j'ai eu avec Eibe... d'jà sur ça. Si t'avais pas eu le loisir d'sortir avec, t'serai passé vite à autre chose toi. Parce que t'aurais pas développer quelque chose d'fort, juste de l'attirance, ou un coup d'foudre d'adolescent. »

Il en était convaincu. Même s'il devait sûrement mal s'exprimer. Il ne pouvait absolument pas comparer leurs sentiments pour Eibe. Ils n'avaient pas été développé de la même manière et pas sur la même durée.

« Preuve c'que même malade, j'aurai pas quitté Eibe, pour aller avec un autre. Encore moins aussi rapidement.»

Mais Cédric faisait ce qu'il voulait. Juste que Jean pensait qu'il avait sa grande part de responsabilité dans le départ du psychologue. Est-ce que Cédric lui aurait brisé le cœur ? Ou était-ce vraiment par fierté que Eibe était parti ? Ils ne le sauraient jamais... Mais une chose était sur, c'est que Eibe allait énormément manqué à Jean... Un vide dans sa vie.

Cédric s'approcha du punk et attrapa son visage dans ses mains. Le bleu fronça les sourcils, se demandant quoi au départ, avant de l'écouter. Il détourner le regard. Il avait compris ouep.. mais il fallait aussi que Cédric comprenne quelque chose.

« Arrête d'en parler. Surtout quand on s'engueule. J'veux avancer. J'm'en rappelle d'jà assez comme ça pour que t'me le lances tout l'temps au visage, comme là. J'sais que t'veux pas me blesser, mais c'me fait mal. J'veux pas l'entendre. D'la bouche d'personne. N'le mentionne plus... s'il te plaît. »

Au moins, ce sujet était mis au claire et Jean espérait que Cédric ne parlerait plus de ses viols, surtout pas pendant une engueulade où ca risquait de faire encore plus mal, comme les autres disputes qu'il y avait eu.
Pour ce qui était du reste et s'arrêter à trois personnes dans sa vie... oui et nop. Jean soupira avant de hausser un sourcil au dilemme proposer par le plus jeune.

« J'me relèverai mais seul. J'trouverai pas d'personne faite pour moi. J'essaie avec Alexei, qu'j'aime,  aprés lui ca s'ra fini. Et j'en suis pas à trois.  Trois mecs, ouep, mais si t'savais le nombre de meuf que j'ai eu. »

Et il en était pas vraiment fier de ça. Il n'en connaissait même pas le nombre tellement il y en avait...
Et pour en revenir à la mère de Cédric – changement de sujet rapide... mais bon ils parlaient de trois choses, voir quatre en même temps aussi - :

« T'as été pauvre. Vraiment pauvre nop ? Moi j'sais c'que ca fait d'être très pauvre. Alors j'peux imaginer que t'as mère à voulu sortir d'sa vie d'merde avec cette proposition, peut-être à un moment désespéré d'sa vie ? Puis au file du temps, elle s'est attaché au bébé dans son ventre... et voilà. J'la jugerai pas si j'étais toi. Elle t'as jamais frappé ou fait du mal à c'que tu m'as dit ? Cette femme, ta mère, t'as aimé. J'essayerai plus d'la comprendre, que d'mettre la faute sur elle. »

Il lui fit un petit sourire avant de se lever et aller en cuisiner, chercher quelque chose à boire.

« T'veux quelque chose ? »



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Cédric Aylen
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MessageSujet: Re: Discussion à coeur ouvert Sun 5 Nov 2017 - 18:16
Autant Jean et lui pouvaient parfois se ressembler, autant leur perception des choses étaient totalement différentes. Sans pour autant que l’un ou l’autre ait tort sans sa façon de voir les événements. C’était plutôt comme si l’un ne regardait qu’avec l’œil gauche et l’autre, qu’avec l’œil droit. Ils voyaient les mêmes choses mais de façon tout à fait décalée. Lui en était conscient, mais est-ce que Jean s’en rendait compte ?

« Peut-être ! Peut-être que tu as raison. Mais c’est Eibe qui a choisi au départ… Alors me le reprocher maintenant revient à dire que tu aurais préféré que je n’existe pas ! Pour effacer le fait même qu’Eibe ait pu choisir. C’est lui qui a choisi entre nous deux. Et n’oublie pas que tu as ta part de responsabilité dans cet échec. Et que si tu avais gardé tous tes commentaires pour toi, nous n’en serions peut-être pas là actuellement. Alors ne viens pas me reprocher un échec auquel tu as toi-même contribué.»

Parce que personne n’était vraiment clean dans cette histoire. Et pas plus Jean que lui. Mais il savait pour l’avoir lui-même vécu, qu’il ne ferait pas de même pour Jean et Alexeï. Quoi qu’il puisse penser de ce dernier, Jean avait le droit d’être heureux. D’autant que ça semblait être sa dernière chance de l’être… Chose qu’il trouvait particulièrement idiote !
Mais là encore, c’était comme s’ils regardaient le même tableau sous un prisme différent. Et quel prisme ! Jean n’avait pas ses jours de comptés, lui.

« J’ai pas le temps Jean de m’apitoyer sur mon sort. Je veux être heureux, je veux être aimé et si possible avant d’être impotent dans un lit d’hôpital ! Donc il faut que j’avance, mais ça ne veut pas dire que ça ne me fait pas mal. C’est juste que je trouve que ça sert pas à grand-chose de se lamenter sur quelque chose que tu ne peux de toute façon pas changer… »

Et cela impliquait aussi les viols de Jean. Mais Jean n’était définitivement pas lui. Ils avaient une vision trop différente des choses pour lui demander de réagir autrement. Et de quel droit de toute façon ? Si Jean voulait se rendre malheureux toute sa vie, il ne pouvait malheureusement rien faire contre cela. « D’accord, je ne t’en parlerai plus alors. » Ce qu’il trouvait aussi idiot que s’il demandait à quiconque de ne plus lui parler de sa polyarthrite. D’autant que ça se rajoutait au problème de l’alcool qui était devenu un sujet tabou avec Alexeï… Et il n’était vraiment pas sûr que protéger comme ça Jean de tout ce qui lui était douloureux, comme une pauvre petite chose fragile, était la meilleure façon de faire pour l’obliger à avancer. Surtout que celui-ci avait déjà une nette tendance à l’auto-apitoiement…

Bien que question auto-apitoiement, il pouvait aussi faire très fort lui-même. La différence était qu’il ne refusait pas de voir les choses en face ou même de les évoquer. Au contraire même, il préférait faire avec une vérité crue et mise à nue, quitte à se faire du mal, plutôt qu’un doux mensonge lénifiant.
Et que celui-ci provienne de sa mère tant aimée rendait la chose d’autant plus insupportable.

« Déjà, elle n’a pas respecté sa parole, et ce n’était pas comme ça qu’elle m’avait élevé. Mais même encore, ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle est morte sans me le dire. Alors que j’étais là ! J’avais le droit de savoir, non ? S’il n’y avait pas eu ces tests AdN, j’aurai vécu toute ma vie dans un mensonge créé de toutes pièces ! Tu te mets à sa place, mais mets-toi un peu à la mienne et dis-moi que tu n’en voudrais pas à la personne qui t’aurait menti comme ça… »


Par son regard, il mettait au défi Jean de le lui dire. Parce qu’il était clair qu’il ne l’aurait pas cru un instant. Avant de soupirer et de lui demander un café, parce qu’il en avait bien besoin là.


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MessageSujet: Re: Discussion à coeur ouvert Mon 6 Nov 2017 - 11:47
« C'est n'importe quoi. J'ai jamais voulu dire que j'aurai préféré que t'existe pas.. »

Jean fronça les sourcils et soupira. Il laissait tomber. Il connaissait ses tords. Il avait que Cédric en avait, que Eibe également et que c'était eux deux qui avaient provoqué tout ça en se mettant ensemble. Pour quelque chose qui n'avait même pas duré en plus...

« T'aurait préféré que j'ferme ma gueule et que j'souffre en silence ? »

Il fixa Cédric. Il ne voulait pas comprendre de travers, juste comprendre. C'était ce qu'il comprenait dans le reproche qu'il lui était fait. Oui il fait énormément de commentaire, avait hurlé que cette relation lui faisait du mal, que ça ne lui plaisait pas. Mais apparemment, il aurait fallu qu'il se taise, reste dans son coin à en souffrir  pour que leur relation continue.  

« Et bien, vis ta vie comme tu l'entends. J'viens pas t'faire de remarque à c'sujet. Si t'veux profiter un max maint'nant, fais. On a pas le même vécu et la même vision des choses. »

Tout simplement. Jean avait déjà voulu se suicider, arrêter tout. Il n'était pas courageux et fort comme certains le pensaient. Non, il était faible et fragile. Son équilibre qu'il essayait de garder intacte, pouvait basculer à tout moment. Et il le savait. N'importe quel psychologue sauraient dire qu'il n'est pas stable et ne le saura sûrement plus jamais dans sa vie. La blessure était trop grande, les moments difficiles trop nombreux, et contrairement à Cédric, ce fut très tard dans sa vie qu'il avait eu du soutien et des gens présents pour l'aimer sincérement.

« C'est ta mère, ton histoire... J't'ai donné ma vision des choses. Mais c'toi qui décide comment la voir et comment réagir à tout ça. »

Il ne pouvait pas le forcer à voir les choses d'un autre angle si Cédric ne le voulait pas. Et ouep, contrairement à lui, il n'en aurait pas voulu à cette femme qui n'était pas sa véritable mère. Tout simplement parce que lui, avait vécu avec sa vrai mère qui l'avait battu et traité comme une sous merde toute son enfance.

«  Je ne lui en aurai pas voulu longtemps en tout cas. »

Il se leva et alla en cuisine, proposant quelque chose à boire au plus jeune. Il ne savait pas si ce dernier voulait continuer à parler, surtout que ce qu'avait voulu Jean était totalement foiré. Il voulait renouer avec le plus jeune, pas qu'un nouveau froid s'installe entre eux comme maintenant... Cédric ne comprenait pas la vision du punk et Jean avait du mal à comprendre celle du plus jeune..

« Si t'veux y aller... pas d'soucis. On s'verra une prochaine fois. »

Quand Cédric réclamera à le voir. S'il le fait.



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MessageSujet: Re: Discussion à coeur ouvert Mon 6 Nov 2017 - 17:01
Est-ce qu’il aurait préféré que Jean accepte sans rien dire sa relation avec Eibe ? Oui ! Trente-six fois oui ! Lui, l’aurait fait en tout cas. Pourquoi Eibe et lui n’auraient-ils pas eu le droit de vivre leur histoire ? Juste parce que Jean était encore amoureux d’Eibe ? Et alors, en quoi cela le concernait-il ?! Et pourquoi devait-il maintenant répondre de cet échec à Jean alors que c’était son histoire, pas la sienne !?
Mais cela, il ne pouvait décemment pas le dire. Pas alors que la discussion était déjà si tendue. Il était clair que son histoire avec Eibe avait laissé une longue balafre bien profonde -et irréparable ?- dans leur relation… Et ce n’était pas ce dialogue de sourds qui allait améliorer la situation.

« Mais est-ce que ça a encore de l’importance maintenant ? Eibe est parti ! Et quoi qu’on dise ou qu’on fasse ne changera plus rien à tout ça… »

Ou comment ne pas répondre à la question posée… Mais il ne s’attendait certainement pas à voir Jean éluder le sujet avec indifférence, avec un simple On a pas le même vécu et la même vision des choses. Ce qui était d’ailleurs tout à fait vrai mais… Il n’arrivait juste pas à se défaire d’un sentiment de malaise ambiant.

Malaise qui ne fit que s’accroitre à ce qui suivit. Parce que s’il n’était pas étonnant qu’ils aient un point de vue diamétralement opposé quant à ce qui concernait sa mère, il fut par contre surpris de le voir là aussi éluder la question. Comme s’il se moquait bien de ce qui pouvait être puisque cela ne le concernait en rien. Ce qui était aussi très vrai mais comme ça le concernait lui, il aurait pensé que Jean s’en serait préoccupé. Au moins un peu, et même s’ils n’étaient pas du même avis.
C’était comme un fabuleux retour en arrière, à une époque où Jean était encore persuadé qu’il était fils de milliardaire à n’avoir fréquenté que des écoles huppées à la St-Adams. Et il se rappelait encore le mal qu’il s’était donné pour le convaincre que ce n’était pas le cas...  Alors oui, il avait eu la chance d’avoir une mère qui l’avait aimé mais était-ce une raison pour accepter sans broncher un tel mensonge ?

« Je veux juste comprendre pourquoi elle ne m’a jamais rien dit. Ça ne lui ressemblait tellement pas… »

Il n’y avait plus aucune emphase ou emportement dans son ton ou ses paroles. Il sentait bien que Jean ne voulait juste plus en entendre parler et il n’allait certainement pas insister au risque de provoquer davantage l’ire de Jean.

Jusqu’à ce que le couperet tombe. Il se voyait ni plus, ni moins, congédié. Renvoyé, comme un malpropre. Et c’était comme si on lui avait versé du plomb liquide dans l’estomac. Ce fut donc sans rien rajouter d’autre qu’il se dirigea vers l’entrée pour remettre ses chaussures et lui dire sans pouvoir croiser son regard. « Oui, à une prochaine fois… »

Une fois la porte claquée derrière lui, il se demanda s’il avait encore le temps de retourner à L’hôpital pour sa séance de kiné pour finalement y renoncer. Retournant à l’école, il se plongea dans son lit et fit croire à Nate qu’il était déjà endormi afin ne pas avoir à revenir sur cette rencontre qui lui laissait un goût de cendres dans la bouche.


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