Thalíe A. Spartharís
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Insomnia. [PV Owen ♥]

MessageSujet: Insomnia. [PV Owen ♥] Mon 10 Jul 2017 - 16:46




Insomnia.
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«Touchy feely»



Vendredi soir, tard ou samedi matin, tôt, beaucoup trop tôt. Thalíe jeta une main maladroite sur son portable avant de grogner, le nez dans son coussin. Trois heures trente. Fuck. Il poussa l’écran brillant loin de ses petits yeux fatigués et tâtonna pour saisir le plastique familier de sa bouteille d’eau. Drôlement légère. Il la secoua un peu et grogna à nouveau... vide. Bordel. Le blond se retint de justesse de balancer le contenant à l’autre bout de sa chambre.

Cela faisait plus d’un mois qu’Hamilton créchait chez lui, dans son salon. Andréas s’était habitué à sa présence si vite que c’en était déconcertant, même si, au final Owen n’était pas vraiment du genre difficile à vivre. Il était aussi calme que lui-même était monté sur ressorts. Il appréciait son silence, son air renfrogné et, quand il n'était pas en convalescence : son endurance incroyable qui en faisait le partenaire idéal pour cramer son énergie sur une piste ou sur un tatami. En réalité vivre avec lui était sans doute l’un des trucs les plus sympas qu’il avait fait depuis qu’il était arrivé dans cette ville pourrie.

Ils bouffaient ensemble, souvent des saloperies qu’Andréas commandait et qu’il engloutissait à vitesse grand V, allaient en cours ensemble, s’entraînaient ensemble et le soir ils bossaient souvent à deux dans son salon. C’était comme avoir un coloc’ et ça ne pouvait pas déplaire à quelqu’un comme le grec qui détestait se faire chier et la solitude. Et puis il était pété de thunes donc il s’en foutait bien d’accueillir un, deux ou même trois mecs chez lui. Il aurait facilement pu payer un deuxième appartement s’il avait voulu. En Grèce c’aurait été un peu chiant parce qu’il passait rarement la nuit seul, donc son pote aurait dû supporter les allées et venues de ses plans culs - et leurs nuisances sonores. Mais ici ça risquait pas d’arriver.

Andy se tira hors du lit et enfila un caleçon. D’habitude il se promenait à walpé mais après quelques moments un peu chelous où Owen l’avait regardé de travers, il essayait de plus se balader avec le cul à l’air. Ce qu’il était pudique, comme si c'était la première fois qu'il voyait un type tout nu ~

Il tourna doucement la poignée, en général il était plus bruyant : le problème de vivre dans le salon c’est que niveau intimité Owen était proche de zéro. Et Thalíe avait moyennement envie de tomber sur son pote la bite à la main - en vrai, lui, il s’en foutait mais le brun s’en remettrait surement jamais. En tout cas, ça lui serait pas venu à l’idée de se dire que, peut-être, contrairement à lui il pouvait se passer de branlette. Mais bon, vu l’heure il devait surement pioncer profondément donc pas besoin de s'inquiéter de ce genre de détails.

Il se glissa dans la pénombre à pas de loup, aussi discrètement qu’il le put pour remplir sa bouteille dans la cuisine. En retournant dans sa piaule il remarqua que les volets électriques n’avaient pas été descendus... ça allait lever Owen à l’aube. Sans bruit il contourna l’immense canapé-lit déplié et s’approcha de la fenêtre. Ce n’est qu’une fois face au pieu que le blond remarqua qu’il dormait pas du tout, ses grands yeux bleus électriques rivés sur lui. C’était presque flippant. Figé,  Andréas passa une main dans ses tiffs  ébouriffés comme à chaque fois qu’il réfléchissait. Finalement, du bout de l’index il pressa un bouton et un léger roulis se fit entendre.

- Eh bah... tu dors pas, mec ? murmura-t-il en venant s’asseoir au bord du lit,
à côté de son occupant. T’as mal au bide ou quelque chose ?

Sa paume vint se poser avec douceur sur le front pâle, qui pour une fois n’était pas froncé, d’Owen. L’air concentré, il la retira après quelques secondes avec un sourire : il avait pas la moindre idée de ce qu’il était censé sentir. Élenée faisait ça quand il était petit et qu’il dormait pas. S’il s’était pas cramé la main c’est que ça devait aller.

Andréas avait toujours été quelqu’un de très tactile, Owen et sa trogne patibulaire ne faisaient pas exception. Le blond se rendait même pas compte que certains de ses gestes pouvaient prêter à confusion ou être mal interprétés. De toute façon il faisait partie de cette catégorie de personnes qui agissait avant de réfléchir et qui se préoccupait des conséquences une fois dans la merde jusqu'au cou.
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Owen Hamilton
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Insomnia. [PV Owen ♥]

MessageSujet: Re: Insomnia. [PV Owen ♥] Mon 10 Jul 2017 - 19:08
Insomnia
“Je voulais retrouver la nuit d'avant,
celle sans rêve et sans insomnie, celle qui me détachait de moi et m'empêchait de souffrir à nouveau.”
Un mois s’était écoulé, un mois durant lequel j’avais créché chez Thalie. Il avait accepté ma présence, direct à ma sortie de l’hosto’. Il était venu me voir dans ma piaule, appelé par les flics qui ne savaient pas qui contacter d’autre alors que Josh avait appelé les secours parce que j’m’étais mis à comater dans notre ancienne chambrée. Un joyeux luron que j’devais avoir l’air. J’étais reconnaissant envers Thalie d’avoir dit oui rapidement. Nan parce que, j’avoue que je ne sais pas c’que j’aurais fait s’il m’avait dit non, sous prétexte qu’on s’connaissait pas assez ou qu’on avait pas gardé les poules ensemble. C’que j’aurais compris, j’pense. J’suis pas trop du genre à offrir le gîte à n’importe qui, surtout pas à un mec que j’connais pas. J’suis pas Mère Thérésa. Mais du coup, j’pense que je me serais retrouvé comme un sdf. J’pense pas que j’aurais eu les couilles de revenir dans ma piaule là où, j’étais sûr, j’aurais recroisé Joshua. A moins qu’il ne se soit réfugié dans les bras de Lee.

En fait, nan, j’l’aurais même pas sur parce que je pense que j’aurais bien vite fait du ring de boxe, mon nouveau chez moi. L’tatamis était assez confortable, je pense que ça aurait fait l’affaire durant quelques semaines, l’temps que j’trouve un autre pied à terre. Mais par chance, je n’avais pas eu à songer à tout ça, parce que Thalie avait dit oui dans les secondes qui suivirent ma question. J’crois que la solitude commençait à lui peser, et ça d’vait lui faire plaisir d’avoir un pote à crécher chez lui. Il devait imaginer tout un tas de conneries que l’on pourrait faire ensemble. Et j’crois qu’il allait être déçu. Parce que je n’étais pas trop d’ce genre. Plutôt à rappeler à l’ordre et à nettoyer la merde derrière mes potes. Comme un vrai rabat-joie. Ouais mais, j’voulais devenir flic pour rien, en même temps. En venant me chercher, les secours avaient trouvé mon sac à moitié fait, et Josh avait dû leur dire que c’était à moi, parce que du coup, ils avaient tout rangé et l’avait emporté avec eux. Au moins, ça m’évitait de retourner dans la piaule de Joshua et de risquer de le recroiser. J’pense pas que c’était très judicieux de me refoutre en rogne. A supposer que j’en suis capable. Peut-être que revoir mon meilleur pote ou, mon ancien meilleur pote, allait m’détruire assez pour qu’j’en vienne à m’foutre en l’air. Qui sait ?

Au moins, maintenant, j’avais Thalie. Et ce type était assez insouciant pour me créer de nouvelles inquiétudes et m’empêcher de trop penser à Joshua. Par exemple, ce mec est infoutu de cuisiner. Il a plusieurs fois manqué de foutre le feu à son appart’, en mettant, pour ne citer que ça, des pâtes à cuir sans eau. Heureusement que j’étais là, sinon, c’t’abruti serait mort depuis belles lurettes. J’suis une vraie mère poule, alors j’bénis un peu mon arrivée. C’est moi qui fait la vaisselle et j’nettoie un peu derrière ce porc qui laisse trainer ses vêtements. Heureusement que j’rentre pas dans sa piaule, j’pourrais finir par faire une syncope. Il me rappelle Joshua et en un sens, ça m’fait mal. Parce que j’le revois en lui. Quoi qu’il en soit, j’reste reconnaissant qu’il ait accepté de m’accueillir. Il m’a laissé son canapé-lit, dans le salon, mon nouvel univers. C’est plus grand que mon petit espace dans la piaule à deux que j’avais avec mon p’tit frère. Au moins, j’ai une table basse, et la cuisine est pas loin. Je n’ai pas à parcourir tout l’pensionnat pour me servir un verre d’eau. Et ce n’est pas une salle de bain commune, enfin si. Parce que je la partage avec Thalie, quoi.

J’avais été pris de légères insomnies depuis la disparition de Josh et cela n’avait pas cessé quand on s’était retrouvé. Mais, ça restait supportable. Par contre, depuis un mois, j’avais plus de mal à dormir à cause de mon altercation avec mon p’tit frère. Un mois durant lequel je dormais peu et où mon horloge biologique était complètement déréglée. Heureusement, la nuit, Thalie ne bougeait pas trop de sa piaule, alors, il n’était pas témoin de mes insomnies. Et puis, il me suffit de faire semblant de pioncer pour qu’il ne se rende compte de rien. Notre vie était accordée, maintenant. On bouffait ensemble, on allait en cours ensemble et typiquement, on s’marrait ensemble. Enfin, je subissais surtout ses conneries plutôt qu’autre chose. Il avait tendance à commander trop de mal bouffe. Aux premiers jours, je m’étais surtout laissé porter par sa joie de vivre, trop claqué pour faire le moindre mouvement. Et puis finalement, j’me suis redressé, j’ai repris un peu du poil de la bête et j’ai commencé à lui faire à bouffer, pour qu’il mange de vrais plats, plutôt que de la mal bouffe commandée au kebab du coin. J’ai commencé aussi à faire un peu de ménage, à tenir la barraque un peu en place. Mes insomnies continuaient et c’était parfois difficile le lendemain matin, pour moi. J’dégustais grave. Thalie ne remarquait rien, jusqu’à ce soir.

Je m’étais couché tôt, crevé, mais bon, ça avait bien été la peine de jouer au mec raisonnable. Nan parce que…Il devait être trois heures trente et je ne dormais toujours pas. La lumière cristalline de la Lune caressait mes cheveux bruns. J’étais dans mon lit, les couvertures sur moi et je fixais le mur en face de moi. Je songeais encore à Josh, à la soirée qu’il avait dû passer, sûrement dans les bras de son mec, à s’éclater et à se faire troncher. Il avait dû bien s’amuser, pendant que moi, j’pensais encore à lui. Quel genre de con j’avais été ? Putain. Son mec était un taré, j’aurais dû lui en parler, ou rester pour montrer que je n’avais pas peur de ce Lee, que j’comptais bien rester, juste pour le faire chier. Je soupire lorsque soudain, la porte de la piaule de Thalie s’ouvre. Je ne fais aucun mouvement, je me contente de le suivre des yeux. Il a une bouteille à la main et va la remplir. Il fait ensuite demi-tour et remarque que je n’ai pas fermé les stores. Bah ouais, j’pionce pas. Il s’en rend bien vite compte mais, ferme quand même les volets avant de lentement s’asseoir sur le bord de mon lit. Je le regarde sans un mot, sans vraiment prendre en compte sa proximité. J’pense que j’suis pas dans mon état normal, sinon, j’aurais rapidement gueulé qu’un autre type que Josh soit aussi près de moi.

« Eh bah, tu dors pas mec ? T’as mal au bide ou quelque chose ? »

Je ne réponds pas, gardant les yeux rivés sur lui, en un sens, touché par sa sollicitude. Ce mec est une crème, c’est sûr. Et dans l’état où j’suis, être aussi doux avec moi pourrait limite me faire craquer et me faire fondre en larmes. J’suis trop tendu, j’contrôle plus rien et ça m’agace. Puis, il tend la main en ma direction et la dépose sur mon front. Je fronce les sourcils et le fixe, n’ayant pas le temps de reculer, dégoûté par ce geste purement médical. Je n’suis pas pédé. Pourtant, je lui épargne une réaction trop violente. Ce soir, j’suis pas dans l’moove de la colère. J’suis juste…Vidé. Est-ce qu’il pourra supporter encore longtemps mon mal être, ou il va finir par en avoir plein l’cul ?

« Nan, le corps, ça va. »  

J’inspire et le fixe, emmitouflé dans mes couvertures, las de tout.

« J’suis juste…pas fatigué. J’ai pas envie d’dormir. Et toi ? »

J’pense que le mieux, c’est de changer de sujet. Avec un peu de chance, il n’a jamais remarqué pour mes insomnies.


©junne.


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Thalíe A. Spartharís
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Insomnia. [PV Owen ♥]

MessageSujet: Re: Insomnia. [PV Owen ♥] Tue 11 Jul 2017 - 5:40




Insomnia.
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Owen le lâcha pas des yeux, ni quand il traversa la pièce, pas plus que quand il vint se poser à côté de lui sur le lit. C’était comme si son regard s’était verrouillé sur la silhouette athlétique du méditerranéen. C’aurait pu être inquiétant mais Thalíe commençait en fait à s’y habituer. Il faisait souvent ça, au lieu de parler il fixait, de manière générale il détaillait bien plus qu’il ne s’exprimait. Comme si ça allait dissuader les gens de s’adresser à lui. Ou comme s’il s’attendait à les voir se barrer en courant. Andy n’en était pas vraiment sûr. Dans tous les cas, en ce qui le concernait c’était très simple : il faisait comme ça lui chantait et continuerait à le faire tant qu’Owen prendrait pas la peine de lui gueuler à la figure qu’il était chiant. Et quand bien même, pas sûr qu’il arrête.

Le brun, tout emmitouflé dans ses draps malgré la température pas si fraîche que ça, lui faisait l’effet d’une grosse chenille, planquée au fond de son cocon. Une grosse chenille qui fronça le front quand il y posa sa main. Ça, c’était son expression favorite, le front tout plissé et deux barres entre ses sourcils noirs. Thalíe se fendit de son habituel sourire, Hamilton allait vraiment se retrouver avec des rides s’il continuait à abuser du froncement de sourcils pour tout et n’importe quoi.

- Fais pas c’te tête, on dirait que j’vais te contaminer, ricana-t-il.

Oh, il s’en offusquait pas. Ce genre de trucs ça arrivait tous les jours. Il comptait plus les fois où Owen le foudroyait du regard. Que cela soit parce qu’il enfonçait son doigt dans ses côtes juste pour l’emmerder, lui claquait le cul en passant parce que c’était grave drôle, lui tripotait la joue parce qu’il avait une trace dessus, se posait contre son épaule pour regarder la télé... Il avait le contact facile, vraiment facile, et on ne pouvait pas en dire autant du brun. Mais Andréas faisait ça avec un naturel désarmant et en général Owen le jetait pas comme une merde. Ce qu’il n’aurait de toute façon pas compris puisque le grec agissait ainsi depuis l’enfance et plus il se sentait proche des gens qui l’entouraient... moins il avait de scrupules. Autant dire que comme Owen habitait avec lui... Andréas n’avait aucun états d’âme.

Le blond fit la moue et le fixa, clairement dubitatif.

- T’es sûr que le corps « ça va » ? Il pausa avant de reprendre, T’as l’air presque aussi fatigué que quand j’suis allé te chercher à l’hôpital. Il était juste moins défiguré depuis.

Heureusement, ses blessures s’étaient résorbées. Thalíe, en dépit de sa légèreté, s’était assuré qu’Owen se soignait bien, qu’il prenait tous ses médicaments et qu’il respectait les applications de crème dont il avait du enduire son visage une à deux fois par jour pour faire disparaître les hématomes. Et surtout... même si c’était difficile pour lui aussi : il avait fait très attention à ce que le brun ne fasse pas de sport. Même pas un tout petit peu.

- Ah ? fit-il en baissant les yeux sur sa bouteille pleine : j’crevais de soif, c’est tout. Azy, pousse toi un peu. T’es gros, dit-il effrontément en lui poussant l’épaule.

Ce mec était trop grand, trop massif, même dans ce putain de grand lit il trouvait le moyen de prendre toute la place. Owen se décala, non sans lui grogner et lui montrer les dents ce qui lui valu un grand sourire de la part du petit blond. Thalíe se laissa ensuite choir à ses côtés, vautré sur le dos, les bras croisés derrière sa tête. En bon hyperactif qu’il était, il lui avait suffit de quelques minutes de blabla insignifiant pour se réveiller totalement.

Il se demandait qui Owen croyait tromper avec ses réponses évasives et ses petits yeux cernés. Andréas était insouciant, pas aveugle. Et même s’il quittait rarement sa piaule le soir... c’était pas très difficile de se rendre compte que son « colocataire » avait de gros, gros problèmes de sommeil.

- T’sais que...je suis au courant que t’arrives pas à dormir ? ‘Fin... j’ai des yeux quoi. Il tourna la tête pour le regarder.

Il n’y avait pas de pitié dans son regard, c’était autre chose, un peu d’inquiétude sans doute, et puis de l’affection surtout. Au final, on pouvait reprocher pas mal de choses à Thalíe. Il était bruyant, ne tenait pas en place, était bordélique, il se fourrait toujours dans des situations impossibles et il avait un penchant très net pour les blagues de cul vaseuses qui mettaient tout le monde mal à l’aise. Mais c’était aussi quelqu’un de très généreux et pour ses vrais potes rien n’était trop beau, surtout quand ils allaient pas bien.

Il commençait à considérer Owen comme ça, comme un vrai pote. Et il allait pas bien, pas bien du tout, pas juste parce qu’il s’était fait cassé la figure il y a un mois. Il ne lui avait pas tout expliqué, juste lâché des bribes de réponses, ça et là et l’avait laissé se débrouiller pour reconstruire le puzzle. Il en avait déduit qu’il s’était passé quelque chose avec Joshua, qu’il considérait comme un genre de petit frère, et un autre type, qui s’appelait Lee et qui, à son humble avis, avait vraiment une sale tête. Et Owen, cette histoire ça le rongeait.  

Il se tourna vers lui, appuyé sur un coude et sa main sous la joue pour supporter le poids de sa petite caboche.

- Si tu pionces pas un peu... T’seras jamais guéri. Et si tu guéris pas t’sais ce qu’il va se passer ? Il le fixait, intense, terriblement sérieux. Tu pourras pas faire de sport avant douze-milles ans. Au moins. Et moi... son expression s’intensifia encore, tellement qu’il tiqua un peu dans une de ces têtes débiles qu’il maîtrisait si bien ... je.vais.éclater.

Il éclata effectivement de rire et retomba dramatiquement sur le lit, paupières closes, comme mort. Une mort très courte puisqu’il se remit bien vite à ricaner.

En général Andréas passait des heures sur les pistes à suer en courant comme un débile ou en tapant dans un sac de sable. Il avait considérablement réduit la dose pour passer plus de temps avec Owen et rentrer avec lui en sortant des cours. Du coup il était aussi plus ou moins assigné à résidence et devait se contenter de longues, très longues séances de musculation pendant que le brun préparait la bouffe. Il dansait toujours aussi, de toute façon Thalíe dansait quasiment tout le temps. Il était incapable de faire trois pas avec de la musique dans les oreilles sans se dandiner. Mais son appartement était pas assez grand pour qu’il se lâche totalement et ça lui servait juste de soupape.  

Peu à peu le sérieux revint et rouvrit les yeux plongeant une nouvelle fois son regard dans le sien :

- Non, en vrai, j’m’en fous, t’sais que ça m’fait plaisir de rester avec toi. Mais va y avoir les examens. Et tu vas pas tenir le rythme si tu fais pas tes nuits un minimum. Il lui parlait avec douceur, visiblement préoccupé par son état. Chacun son tour de jouer la mère poule.

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MessageSujet: Re: Insomnia. [PV Owen ♥] Wed 12 Jul 2017 - 13:13
Insomnia
“Je voulais retrouver la nuit d'avant,
celle sans rêve et sans insomnie, celle qui me détachait de moi et m'empêchait de souffrir à nouveau.”
Mon regard bleu glacé reste rivé sur la silhouette blonde de mon nouveau pote. Il est assis en face de moi et je ne le quitte pas des yeux. Il a un regard empli de sollicitude, d’inquiétude. Il s’est de base, levé pour simplement remplir sa bouteille. Et à voir sa gueule, il était assez crevé pour se rendormir sur le champ. Mais, juste parce qu’il m’a vu n’pas pioncer et distingué mon mal-être, il a posé son cul sur mon lit pour qu’on parle. J’suis pas un grand sentimental, je n’aime pas trop montrer c’que je ressens. Toutefois, ça, ça me touche. Moi-même, j’suis ce genre de type, à m’inquiéter de mes potes. A être surprotecteur, surtout avec Joshua, en fait. Et ça m’fait du bien de savoir qu’un autre de mes potes peut-être aussi sympas avec moi. Bon bien sûr, ça ne changera rien au fait que j’ouvrirais pas ma gueule pour parler de mon ressentit, mais quand même, ça compte beaucoup pour moi. Depuis mon engueulade avec Joshua, je pense trop à lui. J’suis retourné quatre ans en arrière. Sauf que cette fois, je sais parfaitement où il se trouve, et je n’aime pas ce que je sais. Me dire qu’il est en train de se faire troncher par son connard de mec qui est venu me tabasser, sans penser à moi, sans revenir me voir, ça me rend malade. Et ça me fait mal. Bien plus mal que je le croyais. En même temps, ce n’est pas étonnant. Vu comment j’accorde de l’importance à mon p’tit gars, c’était évident que j’allais souffrir d’une telle situation. C’est comme si je perdais mon p’tit frère pour la deuxième fois de ma vie. Et, c’est tout aussi douloureux que la première. J’pense pas que Thalie sera en mesure de comprendre. En fait, je n’en sais rien. Peut-être que lui aussi, a vécu quelque chose de similaire. Ouais mais, comment est-ce que je pourrais le savoir ? Je ne lui parlerai jamais de Miles.

« Fais pas c’te tête, on dirait que j’vais te contaminer. »

Il ricane, fier de sa petite blague et moi, j’inspire longuement en continuant de l’observer. Pourquoi est-ce qu’il dit ça ? Il se sent l’âme d’une tarlouze ? Faut qu’il me le dise tout de suite, histoire que je garde un peu mes distances. Distances que je n’ai pas avec Joshua, vu que c’est mon p’tit frère. Et vu que je n’pratique pas l’inceste … Il n’y a pas d’risque avec lui. Mais avec Thalie ? Enfin, j’veux pas m’le taper. J’veux juste pas que ce soit lui qui commence à me sauter d’ssus. J’crois qu’c’est pas bien clair. Mes pensées sont rapidement évaporées par Thalie qui reprend de plus belle. Il est infatigable ce mec, comme moi, ces derniers temps en fait. Quoi que, moi … J’suis crevé. Je n’arrive simplement pas à lâcher prise.

« T’es sûr que le corps « ça va » ?  T’as l’air presque aussi fatigué que quand j’suis allé te chercher à l’hôpital. »

J’inspire et me contente de hausser les épaules comme simple réponse à son interrogation à laquelle il aura tôt fait de répondre, je pense. Il n’est pas complètement con, quand même. Et ouais, le corps ça va. L’aide extérieure que les médocs, le « repos », c’est-à-dire, ne pas être actif, et les crèmes m’aident à aller mieux. C’est surtout le mental qui s’effondre. J’suis un boxeur qui abandonne le combat. Qui se laisse mettre K.O et qui ne se relève pas. Je baisse les bras et je n’ai plus Joshua pour m’aider à remonter sur le ring. Je n’ai plus rien qui pourra me motiver assez pour me relever. J’ai perdu mon p’tit frère, j’vois pas ce qui pourrait de nouveau me donner du poil de la bête. Thalie n’est que ma béquille, celui qui m’aide à n’pas crever. Il n’aura jamais la patience de relever l’épave que j’me laisse devenir. Les sentiments m’alourdissent. Ils ont toujours été trop lourds pour moi. Je n’ai jamais réussi à les sortir de mon corps pour les dévoiler au monde. Mais là, j’ai l’impression qu’ils pèsent une tonne en plus. Chaque jour, ils grossissent et m’étouffent. Ils m’oppressent et j’aimerais faire sortir ce poids, mais je n’y arrive pas. J’ai un énorme blocage et je ne sais pas quoi faire à ce sujet.

« Azy, pousse-toi un peu. T’es gros »

Il pose soudainement sa main sur mon épaule et me repousse doucement afin que je me décale. Comme pris d’un automatisme, habitué à ce que ce soit Joshua qui le fasse – bien qu’il se jetait plutôt sur moi -, je me décale docilement, non sans lui grogner dessus et lui montrer les dents. Mais bien sûr, il n’en a rien à carrer et il s’installe tranquillement près de moi. Un silence de plusieurs minutes s’installe entre nous deux, tandis qu’il croise les bras derrière sa tête. J’inspire et observe le plafond, ne disant pas un seul mot. Je sens un sentiment étrange m’envahir, quelque chose qui apaise le feu ardent qui brûle en moi. Et ce, depuis que Thalie s’est installé près de moi, comme s’il était l’eau qui étouffe l’incendie qui me ravage. Je lui jette un regard presque discret. Mon regard froid observe son visage. Il a toujours cet air illuminé sur la gueule qui lui donne une allure d’abruti. Un abruti appréciable. Mon cœur rate un battement et je déglutis en détournant la tête. Ce sentiment, je le ressens parfois avec mon nouveau pote depuis que nous vivons ensemble, depuis un mois. Mais j’me suis jamais vraiment penché là-dessus. J’pense surtout que c’est par rapport à Joshua. Il lui ressemble beaucoup, après tout. J’suis à mille lieux de me douter de la véritable raison de cette sensation. Mon inconscient le sait, pas mon conscient. Et j’veux rien savoir.

« T’sais que...je suis au courant que t’arrives pas à dormir ? ‘Fin... j’ai des yeux quoi. »

Je me raidis intérieurement alors que Thalie se tourne lentement vers moi et pose sa joue sur la paume de sa main pour soutenir sa tête qui n’est pas si vide que ça, en fait. J’ai comme un sentiment de déjà-vu. Ces mots, j’en ai eu de similaires à la bouche quand Joshua m’a avoué que c’était une tarlouze et m’a parlé de Lee. Je lui ai dit la même chose. Que je n’étais pas con, que j’voulais pas devenir flic pour rien. Que j’voyais bien que ses insomnies, ses cauchemars, ça ne pouvait pas être causé par un simple pote. Que je n’étais pas aveugle. Alors, entendre ces mots, ça m’fait bizarre et ça m’sert le cœur. Je me sens soudainement à la place de Joshua. Je ressens ce qu’il a ressenti. Là, maintenant, j’ai envie de tout lui dire, de tout lui avouer, de m’ouvrir comme jamais je ne me suis ouvert, comme jamais je ne l’ai montré, pas même à Joshua. J’suis sûr que j’ai le même regard que mon p’tit gars a eu quand je lui ai dit que je savais. Que j’avais compris. C’est un sentiment lourd et libérateur, deux mots qui ne vont pas ensemble. Pourtant, c’est c’que j’ressens. J’ai l’impression que ce soir, Thalie pourrait tout entendre, que je pourrais lui dire tout ce à quoi je pense, tout ce que je cache, tout ce que je traine derrière moi. Ce soir, j’ai l’impression que je pourrais débloquer, lui jeter mes sentiments à la figure et le regarder les attraper à la volée avec aisance. Exactement comme je l’ai fait avec Joshua. Avec le même calme, le même apaisement. Je me revois dans notre piaule. Sauf que je ne suis plus dans mon corps, je suis spectateur de cette journée. Je revois Joshua sur mes jambes, je revois son regard bleu océan vissé sur moi, avec cette peur dans les iris et moi qui l’observe calmement. Et puis, je revois ses aveux, quand il me parle de ce mec qu’il aime plus que tout, dont il est fou amoureux. Je me revois ne pas ciller, ne pas le repousser avec dégoût, ne pas me moquer, ne pas le tabasser. Je me revois simplement acquiescer.

« Je m’en doutais. Je ne suis pas idiot, tu sais ? Des filles, il n’y en a pas dans le campus. Alors, je ne vois pas pourquoi tu regarderais en direction de mon pieu après t’être réveillé d’un cauchemar, si c’était pour un simple pote. Je parie que je ne t’ai jamais manqué à ce point-là, avoue. »

Ouais, c’était quelque chose de similaire. Tout comme Thalie, je m’étais rendu compte de ce qui tracassait Joshua. Je l’aimais tant, j’étais tellement dépendant de lui que j’avais été incapable de le juger. Que j’avais perçu sa douleur alors qu’il tentait désespérément de la cacher et je l’avais attiré à moi pour la subir, pour lui, pour le soulager. C’est ce que faisait aussi Thalie. Il me montrait qu’il savait, qu’il voyait et qu’il ne fuyait pas. Qu’il était prêt à connaître ma peine et à la supporter pour moi. Je crois. Le sentiment que Joshua avait ressenti, je le ressentais aussi. Cette pointe de soulagement, la peur qui s’enfuit, le poids qui commence à se défaire.

« Si tu pionces pas un peu... T’seras jamais guéri. Et si tu guéris pas t’sais ce qu’il va se passer Tu pourras pas faire de sport avant douze-milles ans. Et moi... je.vais.éclater. »

Je le regarde du coin de l’œil, sans un mot, me contentant de l’observer, alors qu’il ricane de nouveau, visiblement fier de sa petite blague. Mais, je sais qu’il est sérieux.

« Non, en vrai, j’m’en fous, t’sais que ça m’fait plaisir de rester avec toi. Mais va y avoir les examens. Et tu vas pas tenir le rythme si tu fais pas tes nuits un minimum. »

Et voilà, de nouveau Joshua et moi. Je nous revois lors de nos séances de révisions, où je le poussais à réviser, où je lui lisais mes cours pour qu’il ne soit pas à la traine, pour qu’il ne redouble pas, pour que l’on ne soit pas séparé. Thalie est comme moi. Il me ressemble. Il est fort, bien plus fort que moi parce qu’il assume ses sentiments, il les montre. Il est attentionné et il ne laisse pas un seul pote derrière lui. Il leur vient en aide, il utilise ses poings, il fait preuve d’une force incroyable. Il a de l’honneur et refuse d’abandonner ses amis. Il est capable de délaisser le sport, comme j’en aurais fait de même pour Joshua, afin de soutenir ses potes, de ne pas les laisser être un poids. Il délaisse ses passions, il souffre pour ses potes. Il est fort, plus fort que je ne le croyais, sûrement plus fort que je ne le serais jamais.

Je l’aime.


Je l’aime.


Ce pote.

Je le fixe toujours sans un mot, laissant ces songes passer à travers moi. Ils relient ces deux mots entre eux, m’empêchant de comprendre réellement ce que cela signifie. Je les balaye mentalement d’un geste de la main et me laisse lentement retomber sur le dos, alors que mon regard parcourt le plafond.

« J’suis désolé qu’tu dois lâcher le sport pour moi. »

J’inspire et tourne la tête vers lui.

« En un sens, ça m’touche, j’crois. »

Je déglutis et quitte bien vite son regard. Je laisse retomber mon bras sur mes yeux et prends une grande inspiration. Et un peu sans que je ne m’en rende compte, le poids de mes sentiments disparaît.

« C’est Joshua, la cause de tout. C’est mon p’tit frère, le seul qui a toujours été là. C’est Mi…Il est comme lui. Mon p’tit frère. »

Je serre les dents, je débite, je débite comme si plus rien n’avait d’importance.

« Il a disparu pendant quatre ans, au moment où j’avais le plus besoin de lui, où le deuil…m’détruisait. Pendant quatre ans j’l’ai cherché. Et durant c’temps-là, il a tourné tarlouze, il a rencontré son mec. Lee Davis. »

Ma voix commence à se couper, à s’entrechoquer. Je sens quelque chose de mouillé toucher mes joues. Putain, je chiale, je chiale comme une véritable gonzesse, devant un pote que je connais depuis quoi ? Deux mois ? J’pensais pas que mon engueulade avec Joshua me mettrait aussi mal.

« Ce connard de Lee Davis l’a fait souffrir. Il s’est barré trois ans et entre temps, j’l’ai retrouvé. Notre vie à reprit, comme si on ne s’était jamais quitté. Puis, c’malade mental est revenu. Josh lui a tout passé. Il a dit oui à tout, il l’aime bien plus qu’il ne m’aimera jamais. Ce taré est venu me tabasser parce qu’il ne supportait pas que j’tourne soi-disant autour de Josh. Il a voulu m’buter, il voulait m’buter. Ce dingue. J’ai répondu et moi aussi, moi aussi j’étais dans l’optique de l’tuer. Et puis Josh est arrivé et bien sûr, il s’est occupé de Lee. Et c’est là qu’j’ai su qu’il n’avait plus b’soin d’moi. »

Je déglutis. Soudainement, j’me sens un peu plus léger, bien plus léger qu’à ma naissance. Cet énorme boulet que je traine depuis que j’ai vu le jour, je le sens moins lourd qu’avant. Comme si parler, simplement dire, me soulageait. Peut-être que c’est ça, la solution ? Eteindre son cerveau et parler. Comme chez le psy. J’en sais trop rien…


©junne.


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