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Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight]

MessageSujet: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Tue 20 Sep 2016 - 22:04
Liam déverrouilla la porte d'entrée et l'ouvrit. Il fit entrer son visiteur et lui proposa de s'asseoir dans le canapé, le temps qu'il aille chercher de quoi le soigner. Au passage il déposa son téléphone portable et ses clefs sur le bahut près de l'entrée, se déchaussa et se rendit à la salle de bain.

L'appartement en lui-même était simple. Tout était de couleur clair, rendant les lieux lumineux. Si tout semblait si pétillant, c'était parce que Liam avait besoin de ça pour son équilibre mental. Son travail était difficile et parfois il rentrait chez lui tellement démoralisé qu'il se glissait dans son lit et attendait que la grisaille passe. Des fois, fossoyeur était un métier très lourd à porter.

Bandages, désinfectant... tout était là. Revenant au salon, il leva furtivement la tête vers le plafond qui n'en était pas vraiment un en fait. Il n'y avait pas de toit seulement une immense verrière qui couvrait tout le loft. C'était l'avantage de vivre dans un ancien atelier d'artiste. Et Liam avait pris cet appartement en grande partie pour ça. Lui qui adorait contempler le ciel, pouvoir l'observer en toute circonstance chez lui était un ravissement sans nom.

Il déposa ses affaires sur la table basse près du canapé et regarda Lysandre. Se souvenant qu'il devait éviter de le toucher, il crut bon de demander :
- Veux-tu le faire seul ou tu as besoin d'aide ? Tu veux peut-être boire un peu. Je peux aller te chercher ça avant de me mettre au travail... si tu veux que je te le fasse, s'empressa-t-il d'ajouter.
Liam avait un côté un peu envahissant parfois. Il voulait toujours tout faire pour s'assurer que c'était exécuté comme il le fallait. Il ne le faisait pas exprès d'être comme ça. Mais à trop vouloir aider les gens, ça pouvait en devenir un travers.
Parfois comme en ce moment il se rendait compte qu'il pouvait avoir l'air chiant. Du coup il se leva et alla chercher deux verres et la carafe d'eau fraîche. Il les déposa sur la table basse également. Liam servit les deux verres et commença à préparer ce dont ils auraient besoin pour soigner la plaie de Lysandre sur laquelle s'était d'ailleurs déposé des poils de cheval. Ce n'était pas génial. Et ses gros doigts ne seraient pas d'une grande aide pour retirer d'aussi petites choses sans toucher à la blessure. Enfin ses mains n'étaient pas particulièrement grosses. C'était juste que pour un travail aussi minutieux, c'était bien moins pratique que de fins petits doigts.
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Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight]

MessageSujet: Re: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Wed 21 Sep 2016 - 20:12
Le chemin fut court. Trop court. Silencieux. Et ça ne me dérangea pas un seul instant. Non au contraire, je m'étais laissé bercé par le pas tranquille d'Onyx, la chaleur de son corps, le mouvement de ses flancs contre mes jambes maigres. J'avais appris depuis longtemps à me couper du monde lorsque je montais à cheval, pour ne pas charger mes problèmes sur lui, risquer de lui transmettre toutes mes craintes et terreurs et risquer un accident en le mettant à fleur de peau. Mais pour le coup nous étions arrivés sans crainte, et il n'avait même pas protesté lorsque je l'avais attaché, parce que j'avais pris soin de lui trouver un coin avec de l'herbe. Je savais qu'il n'aurait pas disparu lorsque je reviendrai. Parce qu'en ville, ce ne serait jamais comme à la plage. Ce cheval était trop intelligent pour faire les mêmes caprices deux fois d'affilés, et surtout dans un endroit emplis de voitures et de choses dangereuses. Alors  je peux m'éloigner d'un pas tranquille, suivant Liam jusque chez lui. Un dernier regard vers la jolie tête d'or dont le museau de velours gris est plongé dans les herbes et je m'autorise à entrer. La luminosité du lieu me fait frémir. J'ouvre de grands yeux ébahis, avance en clopinant vers le canapé alors qu'il m'autorise à aller dessus. Sans oser ouvrir la bouche une seule fois, ma gorge se nouant alors que je me rends compte que j'aurais aimé vivre dans un endroit pareil. Juste quelque chose de simple et de beau comme ici, de cosy et doux. Un endroit où j'aurais pu me sentir chez moi et pas une grande maison vide d'amour et de joie, emplie de cris, de larmes et de souffrance. Je ne prends d'abord pas garde que Liam a disparu. Lorsque je le vois revenir, je prends conscience que j'étais seul et j'ouvre la bouche pour m'excuser, mais sa tête se levant vers le plafond m'oblige à faire la même chose, une sorte de mimétisme que j'ai bien du mal à contrôler.

Et mon souffle se coupe brutalement lorsque je la vois. La liberté, là, à portée de main. La liberté comme je ne l'ai jamais connue. Le ciel qui s'étend à l'infini, irréel et magnifique. Inconsciemment je me remets debout. Ma jambe me rappelle sa présence par un tiraillement douloureux mais je n'y prends pas garde, sentant mon cœur s'affoler presque brutalement, les larmes monter dans mes yeux. Il n'aime pas l'art mais s'en est, pour moi. C'est une endroit que je pourrais croquer, faire renaître sous mes crayons. Peut-être bien que je le ferais d'ailleurs. Mais pas tout de suite. D'abord j'ai besoin d'admirer, de graver cette vision dans mon esprit. Le soleil tape sur le verre, crée quelques reflets sur le mur, des arc-en-ciel en cas de pluie quelques secondes avant. Je suis subjugué, et je fais un pas en avant comme pour chercher à en voir d'avantage, les lèvres entrouvertes sur des remarques qui ne les franchiront jamais. Et pourtant j'en ai tant envie. Tant besoin. Sauf que dire ce que je ressens est encore dur et je ne cesserai jamais de croire qu'il est mieux que les autres me devinent plutôt que je ne leur offre tout sur un plateau d'argent. Bam, bam, bam, qu'il fait mon cœur lové dans ma poitrine. Trop rapidement mais sans douleur, sans peine. Tout a quitté ma tête et il n'y a plus que ce plafond en verre dressé au dessus de ma tête. Sa voix brise tout mais je ne lui en veux pas. Je ne lui balance aucune remarque acerbe, m'arrache à ma contemplation pour poser mes prunelles sur son visage, lui offre un léger sourire. Peut-être que l'on peut essayer. Juste ça. Un mal pour un bien. Parce que si moi je le fais, ce sera sûrement bâclé. Un grand coup de désinfectant – au diable les souffrances – un bandage enroulé peu soigneusement. Parce que laisser des traces je m'en fous, tout comme je me fous des infections. Je fais sûrement trop confiance à mon corps mais j'ai cette tendance à croire qu'il ne me trahira pas en essayant de me tuer a cause de quelques saletés glissées dans une plaie.

« Je veux bien que tu m'aides... Je ne suis pas sûr d'être capable de le faire tout seul. Et oui, merci, je veux bien un verre d'eau.. »

Parce que ma bouche est pâteuse de sortir un tel mensonge pour justifier mon comportement. Je me connais et je sais que dans mon état de détente actuel – quelque chose de rare -, du fait également que ma jambe soit plus douloureuse que sensible, il pourra. Peut-être que ça ne sera pas plaisant, pas très glamour non plus. Mais j'ai envie de croire en ce qu'il m'a dit : je ne peux pas prévoir ce qu'il fera ni ce qu'il se passera. C'est pourquoi quitte à agir, je préfère sauter un premier pas maintenant ou je ne le ferais jamais. Je bois mon verre d'eau doucement alors que je crève d'envie de le descendre d'une traite, remonte d'avantage mon pantalon sur ma cuisse pâle, soupire en voyant ma blessure. Avant d'esquisser une grimace à la vue du bleu qui s'étend déjà sur ma cheville, des grains de sables et des poils s'y collant. Et ce sang, tout ce sang... Comme ce soir là dans la salle de bain, alors que l'espoir n'était plus qu'un vague souvenir, un fantôme collant plus insupportable que jamais. Ma gorge se serre. Je souffle légèrement, discrètement, espérant qu'il ne m'a pas entendu, avant de laisser échapper un rire quelque peu nerveux.

 « Hé bien on va avoir du boulot je crois... J'espère que tu me pardonneras pour avoir débarqué dans ta vie. »

Comme une comète qui cogne la terre à toute vitesse et qui détruit tout sur son passage, un soupçon de poison qui ronge un corps. Ou un fichu boulet qui n'en loupe pas une. J'ignore quelle comparaison je préfère. La comète est belle, le poison sournois. Je ne suis rien de tout cela. Sûrement que je suis plus le boulet, oui. Lisse et noir, juste le diable, comme je l'étais aux yeux de celui qui m'a un jour implanté dans l'utérus de ma mère avant de m'en vouloir d'être venu au monde.


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Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight]

MessageSujet: Re: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Mon 24 Oct 2016 - 22:07
Il ne manqua pas de remarquer le comportement de Lysandre face à la verrière. Il avait eu la même réaction en la voyant la première fois. Liam se demanda ce que Lysandre y voyait.
Pour sa part c'était juste l'immensité du ciel qui l'attirait. Le fossoyeur a toujours aimé les étoiles. Il ne connaissait pas leurs noms sur le bout des doigts. Tout comme il se fichait bien de savoir si ce nuage était un Cirrocumulus castellanus ou un Stratus fractus. Il aimait juste le ciel.

Surpris d'apprendre qu'il avait l'accord de Lysandre, Liam n'avait pas réagi tout de suite. Cependant il voulait le faire, alors offrant un beau sourire au jeune homme, il se rapprocha mais pas trop. Il ne voulait pas avoir l'air trop envahissant. Puis il se mit à observer la blessure. Les grains de sable allait compliquer la tâche. Ça allait sûrement faire mal de frotter du désinfectant. Les petits grains allaient sans doute rouler sur la plaie. Cependant il n'y avait pas trente-six mille solutions. Prenant son courage à deux mains il imbiba un coton de produit et jeta un regard au jeune homme en l'avertissant que ça allait sans doute être gênant, voire douloureux.
Et avec des gestes doux et précautionneux, il s'y attela. Tapotant au début pour récolter les poils de cheval. Changeant de coton, il se mit ensuite à récupérer le peu de sable dans la plaie. Liam faisait attention de ne pas trop insister sur une zone qu'il avait rendu sensible en frottant. Petit à petit il y parvint et put alors enfin vraiment désinfecté. Il faisait toujours autant attention. Il acheva son travail par un bandage autour de la jambe.
- C'est fini. Ça va ? Je n'ai pas trop serré ?
Liam entama un petit rangement et alla jeter les cotons usagés. Puis il revint au salon pour boire un autre verre d'eau. Il s'interrompit à la remarque du jeune homme.
- De quoi tu parles ? Ce n'est pas parce que j'ai soigné une blessure que ma vie est finie.
Liam en rit. Si la vie était aussi stupide, elle n'en vaudrait pas la peine.
- Ou alors tu parles du fait d'être chez moi ? Je t'assure que tu ne me déranges pas. D'ailleurs tu es la première personne à venir chez moi. J'ai carrément envie de fêter l’événement !
Il entama le geste de vouloir ébouriffer les cheveux de Lysandre avant d'avouer :
- Et ma porte te sera toujours ouverte.
Liam se rappela soudain qu'il ne devait pas le toucher, alors il laissa tomber son mouvement et vint plutôt s'asseoir dans le canapé. Il fit exprès de ne pas se mettre près de Lysandre.
- Pardon, j'ai failli oublier.
Liam pouvait facilement se montrer tactile et entre eux deux, ça risquait de poser problème apparemment. Il était très déçu de devoir se contenter d'un périmètre de « sécurité ».
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MessageSujet: Re: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Thu 27 Oct 2016 - 23:36
Un frisson recouvre ma peau alors que cet homme envahit doucement mon espace personnel. Il est pourtant assez intelligent pour ne pas s'approcher trop, pour ne pas me faire peur. Oh bien sûr mon cœur bat à toute vitesse dans ma poitrine, mais qui pourrait me reprocher d'être inquiet ? Je ne me contrôle pas. Les traumatismes d'enfance sont bien souvent les plus compliqués à soigner. Mes prunelles suivent chacun des mouvements fait. Mes lèvres sont entrouvertes, je ne prête pas une seule seconde attention à la douleur, en ayant vu bien d'autres depuis mes 5 ans. Arcade fendue, commissure de la bouche ouverte, hanche brisée. J'en ai vu passer des excuses pour justifier cela et des doigts rudes me soigner sans faire réellement gaffe à ma détresse. Tous ces médecins n'étaient que des robots, conditionnés par leurs années d'expérience et la plupart croyaient aux sourires de ce père qui n'en était pas vraiment un. Liam est bien plus doux que ce que j'aurais pu espérer. Plus humain. Et j'ai sûrement bien fait de le laisser faire. Je ferme les yeux, peu à peu, laisse mes pensées s'envoler. J'oublie doucement la douleur ressentie, de toute façon elle ne m'a arraché qu'une minuscule grimace. Je préfère me concentrer sur autre chose durant un instant, et je réussi plutôt bien. Jusqu'à ce qu'enfin tout se stoppe et que la pression sur mes épaules ne retombe d'un coup. Plus besoin de stresser, n'est-ce pas ? J'ouvre un œil, l'autre, penche un peu la tête.

"C'est très bien comme ça, merci beaucoup."

Voix douce et un peu plus tranquille. Un battement gracile de cils surmontant des paupières rendues légèrement lourdes par la fatigue. J'acquiesce simplement du chef en l'entendant émettre sa seconde hypothèse, rougissant un peu lorsqu'il m'annonce que je suis le premier à venir ici. Ce n'est que le fruit d'un hasard rieur ou d'un animal maladroit. Mais je n'ai de toute façon pas le temps de lui répliquer quelque chose, avisant rapidement sa main qui fuse vers moi, je me recroqueville presque sauvagement, remontant mes genoux contre ma poitrine en amenant un bras protecteur devant mon visage. Un réflexe bien trop brutal pour n'être qu'un geste anodin, qui cache actuellement des yeux écarquillés, une bouche ouverte sur un cri muet, sur un souffle trop rapide qu'il pourra entendre. Mon palpitant tape sauvagement dans ma cage thoracique et je fais de grands efforts pour ne pas bondir sur mes jambes. Pour ne pas m'enfuir en courant. Ses doigts n'ont pas eu le temps de m'atteindre pourtant j'ai l'impression qu'ils seront là dans quelques instants. Mais ils n'arrivent pas et sa voix se fraye finalement un chemin à travers ma tête, résonnant au milieu d'autres. Celle de mon père, rauque et basse, menaçante, puis celle de la raison qui me dit de ne plus m'en faire. Que je suis loin désormais, et que Liam n'a pas de raison de me frapper. Alors trop lentement je commence à abaisser mon bras, posant les yeux sur son visage en me mordant nerveusement la lèvre. Je pourrais m'excuser mais rien ne passe ma bouche à part ma respiration encore trop chaotique. De toute façon, m'excuser de quoi ? D'avoir eu une enfance difficile et douloureuse ? D'avoir été battu par mon géniteur ? Ouais, c'est un truc que je pourrais faire, parce que je suis coupable, c'est moi qui ai tué ma mère après tout.

"Ce n'est pas toi le problème." J'enfoui mon visage entre mes mains quelques secondes. "Je n'aurais pas du réagir ainsi, je pars vite au quart de tour."

Mais je n'y peux rien, je n'arrive pas à contrôler entièrement. Je soupire, fronce les sourcils et tends une main vers lui. Si j'arrivais, moi, à le toucher, est-ce que ça changerait quelque chose ? Pourquoi Nathaniel réussit-il à m'étreindre alors que les autres ne peuvent même pas amorcer un contact ? Pourquoi y aurait-il seulement trois personnes pour me prendre dans leur bras ? Mes doigts s'arrêtent à quelques centimètres de sa joue. Je regarde nos peaux, si proches, ramène finalement ma main vers moi pour la blottir à l'intérieur de l'autre, masquant les vilaines plaies qui la couvrent, dues à quelques coups de poings donnés aux murs dans certains accès de tristesse trop étouffante.

"Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne me drogue pas, je ne baise pas, je ne touche pas les gens, je ris très peu. Tu es tombé sur le mauvais gars pour une première invitation chez toi." Mes lèvres se tordent en un sourire qui se veut malicieux, je lui décoche une œillade amusée. "Mais peut-être que tu dis ça à tous les hommes qui viennent ici dans le simple but de les draguer."

Et j'espère qu'il comprendra mon effort de plaisanterie qui se veut sincère, parce que ma réaction disproportionnée face à sa main n'a pas aidé à alléger l'atmosphère.


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MessageSujet: Re: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Mon 21 Nov 2016 - 22:42
La réaction de Lysandre fut presque stressante. Liam n'avait pas envisagé qu'un élan de contact physique actionnerait un tel mécanisme de défense. Il y avait quelque chose de grave là-dessous. C'est vrai que Liam n'avait jamais assisté à ça. Aucune de ses fréquentations amicales n'avait montré une telle répugnance. Oui, c'était le mot. C'est pourquoi Liam ne comprenait toujours pas le pourquoi du comment. Et jamais la vérité ne lui traverserait l'esprit tant que la lumière n'avait pas été faite. Cependant le fossoyeur n'était pas intrusif. Jamais il ne poserait de question si la personne en face ne voulait pas en parler. Et quelque chose lui disait que Lysandre ne lui révélerait pas ses petits secrets. C'était trop brusque. Ils venaient à peine de se rencontrer.

- Crois-moi. Je suis vraiment désolé. Malheureusement je suis du genre tactile. Je vais essayer d'arrêter. Mon but n'était pas de te faire peur.
Liam était peut-être idiot de ne pas comprendre le vécu de Lysandre rien qu'en le voyant mais il avait un côté idéaliste qui lui voilait un peu les yeux sur la réalité du monde. Il savait qu'il y avait des guerres dans le monde, que des gens mourraient tous les jours... Mais cela ne lui arrivait pas à lui personnellement ou à ses proches, alors rien ne pouvait être aussi lugubre et proche que ce que l'on racontait.

- Tu n'as pas à t'excuser. Je manque énormément de tact en plus. Ça ne va rien arranger.
Il sourit mais d'un air plutôt gêné. La bourde qu'il venait de faire. Et maintenant c'était sûr que Lysandre ne voudrait plus qu'il l'approche.

Fait surprenant toutefois : ce fut Lysandre lui-même qui tenta un effleurement. Liam ne bougea pas et ne le questionna pas non plus. Si Liam ne pouvait le toucher, l'inverse était réciproque aussi apparemment. De plus en plus étrange comme comportement. Mais il y avait forcément une origine au problème et ça devait pouvoir s'arranger avec le temps, non ? L'aîné en était persuadé. Optimisme à toute épreuve. Testé et approuvé.

Les paroles de Lysandre ne le rassurèrent pas au début. Cependant en voyant son visage se transformer et en écoutant la suite, le cœur de Liam s'envola d'un coup. Lysandre était super adorable ! Il n'y avait pas à chercher. Et sa plaisanterie le fit rire. Liam a toujours été très bon public.
- Quoi ?! Moi ? Mais je ne drague pas n'importe qui. Je ne suis pas du tout comme ça ! Et puis... Il se pencha vers Lysandre comme pour lui murmurer un secret. Entre nous, te draguer ainsi que la suite de notre relation seraient vraiment très compliqués sans le droit de te toucher.
Il lui sourit avant de s'écarter. On ne taquinait pas Liam sans prendre le risque d'un retour de flamme. Peut-être que Lysandre se laisserait faire avec son amoureux, ça, Liam ne pouvait pas le savoir.
Alors que son regard se perdait dans le vague vers l'écran noir de la télévision, il lâcha sans réfléchir :
- Quoique... ça serait amusant.
Mais il fallait comprendre que dans sa tête, ça n'avait pas grand chose à voir avec la réalité. Il s'imaginait plus un jeu où les deux amoureux pouvaient finir par s'embrasser et se caresser qu'une abstinence pure et dure à très long terme.
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MessageSujet: Re: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Tue 22 Nov 2016 - 18:35
L'atmosphère se détend doucement suite à ma plaisanterie. Liam y répond heureusement favorablement et laisse échapper un rire qui dénoue doucement mes épaules. Je cesse de me torturer pour ce qu'il s'est passé avant, pour ma réaction trop soudaine, et ces indices sur mon passé que je sème dans chacun de ces gestes dictés par mon cerveau, parce qu'il ne semble pas y accorder d'importance. Ou alors il ne les voit pas, je ne sais pas. Ça crève les yeux pourtant, avec ma précédente réaction, et ça m'étonne qu'il ne me fasse aucune remarque, ne pose pas de question. Et d'un côté, je m'en sens plus soulagé. Pas besoin d'expliquer et de faire venir le malaise suite à des révélations trop dures à entendre. Pas d'esquives de sa part ou de fuite comme l'a fait Nathaniel. Juste un moment qui se prolonge un peu plus, plus léger, plus sympathique. Les sourires qui viennent orner mes lèvres sont presque naturels, comme s'ils avaient toujours été là, quoique un peu pâles, hésitants. Timides. Qui s'estompent au moment où ses lèvres se rapprochent des miennes, nous plongeant dans une bulle presque intime, comme pourrait le faire un couple. Mon cœur se met à cogner plus fort dans ma poitrine et je résiste tant bien que mal à l'envie de m'écarter. Mais j'ai tellement envie de savoir ce qu'il va me dire que je n'ose pas bouger, m'échapper. Et puis après tout, il ne me touche pas non ? Il est proche et il peut tout se permettre ainsi, mais je décide de lui faire confiance dans l'instant. Le « secret » qu'il me murmure pourrait me rembrunir. Sûrement que ça me blesse, mais je ne le montre pas. De toute façon il a raison. Me draguer ne servirait pas à grand chose, parce que même si je viens à tomber amoureux, je ne suis pas sûr de pouvoir me laisser faire.

« Autrefois les hommes savaient faire la cour a une femme sans avoir à la toucher. »

Même si je ne suis pas une femme. Et que faire la cour à certaines époques menait quasiment invariablement au mariage, et personnellement, je ne compte pas me marier. Pas maintenant. Peut-être porterai-je un jour, si l'occasion se présente, un costume de marié ou une robe soyons fou, mais je pense être un peu trop jeune pour le moment. Enfin bref, ça ne sert à rien de penser à de telles choses maintenant. Je pose mes prunelles contre les siennes et penche un peu la tête, timide au souvenir de ses lèvres si proches quelques secondes seulement auparavant, la bouche entrouverte sur un souffle chaud.

« Je pense qu'il y aurait de quoi se lasser malheureusement, surtout de ton côté. Quel est l'intérêt d'avoir une relation avec quelqu'un si on ne peut même pas sentir la chaleur de sa peau sous ses doigts ? Si on a jamais pu goûter à ses étreintes ? Je trouve que c'est d'une tristesse... Tu ne serais certainement pas assez patient pour m'attendre de toute façon. Enfin, toi ou un autre. »

Et ça laisse un goût âpre dans ma bouche, rien que le fait d'imaginer qu'on puisse retomber amoureux de moi. M'enfin j'ai bien du mal à piger comment certains ont pu l'être et comment j'ai pu, à l'époque, me laisser toucher, embrasser. Ah. Si. Parce que j'avais réussi à me détacher presque entièrement du monde. Les baisers étaient fades, les sourires mécaniques, froids, presque chirurgicaux. Ses mains sur moi étant simplement semblable à deux bouts de bois. Rien d'agréable en somme, et revivre ça ne m'intéresse pas. Je veux me sortir de tout ça et vivre, vivre vraiment. Mais il y a un long chemin et pas sûr que quelqu'un ait envie d'embarquer pour l'aventure et de tenter sa chance.

« Si on parlais d'un truc un peu plus joyeux dis moi ? Oublions qui je suis un peu et imaginons que je suis normal, souriant, bavard, et tout quoi ! »

Ouais, et puis pourquoi on fait que parler de moi d'abord ? Je veux en savoir plus sur lui. Alors je braque mes deux yeux grands ouverts sur lui et j'attends qu'il parle, parce que sinon je risque fortement d'avoir un nouveau coup de barre.


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MessageSujet: Re: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Tue 22 Nov 2016 - 20:43
Cette réflexion piqua Liam au vif. Elle sonnait comme un défi. Et tout le monde dans l'entourage du fossoyeur savait comme il adorait relever des défis. Liam, qui était contre toute attente un grand romantique, voulait à tout prix qu'il y ait des sentiments chez l'un comme chez l'autre. Et tant que la personne de son cœur ne le rejetait pas fermement, Liam continuait à la séduire jusqu'à avoir une vraie réponse ainsi qu'un vrai retour de sentiment. Il ne dirait pas non à tenter l'expérience et être un parfait gentleman pour plaire à l'être aimé, il s'en savait capable. Ce jeu l'amuserait énormément d'ailleurs. Peut-être que parfois ce serait pesant, mais il était un optimiste et un boute-en-train. Rien ne pouvait lui faire peur.
Toutefois Liam n'avait pas de sentiments profonds pour Lysandre. Il ne s'amuserait donc pas à le séduire si ce n'est pas « pour de vrai ». D'autant que le jeune homme semblait avoir été blessé relationnellement.

- Tout dépend si la personne finit par me faire suffisamment confiance pour accepter que je lui tienne au moins la main.
La tendresse avant toute chose. Liam n'a jamais accepté plus que d'innocents contacts physiques les premiers temps. On le trouvait bizarre. Mais si avoir un cœur était étrange, il préférait cent fois être un OVNI.

Lysandre avait raison. Il valait mieux changer de sujet. Ça allait devenir un terrain miné par-ici.
Il sourit en l'écoutant, bien qu'au fond il n'aimait pas l'idée que le jeune homme ne soit pas considéré comme normal. Mais bon soit ! De quoi parler alors...
- Oh ! Je crois t'avoir un peu parlé de mon travail mais je ne t'ai pas dit ce que c'était, dit-il alors qu'un sourire s'étira sur ses lèvres. Je suis fossoyeur. Je t'assure. D'où ma difficulté de trouver un emploi à cause de mon physique de gigolo. Le cimetière de St Adams fut le premier à m'accepter.
Il chercha la réaction de Lysandre. C'était toujours amusant de voir les gens être surpris ou même ne pas y croire. D'autant plus qu'ils étaient dans son loft lumineux et aux couleurs si pures, surtout grâce à ce soleil d'été. Qui croirait que Liam exercerait un métier si lugubre, lui qui n'était que lumière.
- Personne n'y a cru quand j'ai décidé d'en faire mon métier. On s'est moqué de moi. Et pourtant j'ai décidé de défier toute logique. Et franchement c'est un boulot que je trouve génial. Ma mère et mon meilleur ami me soutiennent. Donc toi qui ne sais pas quel métier tu veux faire plus tard, sache que même les trucs les plus inattendus sont intéressants.
En tout cas ce conseil valait parfaitement pour lui-même. Liam aimait surprendre et être surpris. Il voulait découvrir des tas de choses, les expérimenter. Sa vie devait valoir le coup d'être vécu. Les défis ne lui faisaient pas peur. Et ce n'était pas Lysandre et ses soucis qui le détourneront. Malgré les apparences, Liam ressentait quelque chose de doux et d'innocent qui émanaient de lui et c'était cette petite lueur qui l'intriguait par-dessus le reste.
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MessageSujet: Re: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Thu 24 Nov 2016 - 9:55
Tenir la main de quelqu'un. Le pourrai-je seulement un jour ? Je fais tout pour ça, le maximum d'efforts pour oublier mon père, oublier un instant que j'ai été victime de ses coups. Enfant battu, enfant mutilé, enfant en détresse ignoré par les autres. Tous ces connards dans notre entourage qui refusaient d'ouvrir les yeux, de voir la vérité en face. Et j'en ai bouffé de leur pitié, de leurs regards compatissants alors qu'ils n'ont jamais vécu ce que moi j'ai vécu. Qu'ils n'ont jamais rien fait pour empêcher les coups de pleuvoir. Mais tout ça forme une toile si douloureuse, partie intégrante de mon esprit désormais, que je ne sais plus comment m'en détacher. Il y a des moments où je me sentirais capable de laisser deux bras m'enlacer, un visage s'enfouir dans mon cou, toutefois la seconde d'après, tout vole en éclats. Je redeviens le Lysandre ballotté par sa misère, celui qui se décompose sous un regard plein de condescendance ou sous une main qui se lève juste pour une caresse. Celui qui fuit les contacts comme la peste et qui retourne à sa solitude insupportable parce que lutter est bien plus dur que de s'abandonner. Il y a ces jours où j'ai envie de me battre pourtant, mais à chaque fois ma volonté se retrouve brisée quand je me rends compte que personne n'est prêt à m'aider et qu'au contraire, certains seraient prêt à m'enfoncer un peu plus encore. Bordel. Je ne sais même plus comment je suis arrivé à penser à tout ça, mais ma tête est emplie d'un million de pensées.

Et puis il me parle de son travail et un sourire presque tendre se cale sur ma bouche. Ça fait du bien de l'entendre se livrer, même si ce ne sont que des premiers pas, la première étape pour parvenir à quelque chose. Alors il est fossoyeur ? Mes lèvres se tordent pour former une mine plus surprise et je penche un peu la tête, l'observant. Qui aurait pu dire qu'il passe sa vie avec les morts ? Il a l'air sain, physiquement et moralement, lumineux, pas comme la plupart des croque-morts que l'ont peut trouver dans les livres ou dans les films. Il n'est pas un cliché à lui tout seul, et le simple fait que certaines personnes aient refusé de l'embaucher me fait marrer. J'éclaterai bien de rire, là, maintenant, mais je m'en sens incapable, parce que ce n'est même pas de la joie, mais simplement de l'amertume quant à la connerie des gens. Ils lui refusaient le poste parce qu'il est trop normal ? Trop beau ? Décidément, l'humain ne sait plus quoi inventer pour se faire remarquer. Je secoue la tête et je me penche un peu vers lui, sans cesser de plonger mes yeux dans les siens.

"Les gens sont cons s'ils ne sont pas capable de passer au delà de ton physique. Moi je ne trouve pas que tu ressembles à un gigolo. Tu es beau, c'est tout, et ça craint s'ils ne parviennent pas à voir que tu es plus que ton corps."

Mais depuis quand je dis tout haut aux autres personnes qu'elles sont belles ? Je ne le connais que depuis quelques minutes, pas de quoi me permettre de telles familiarités. Pourtant, c'est juste la vérité. Il a un beau corps, un magnifique visage. Et son esprit va avec tout ça. Ce n'est pas un pourri dans un corps d'ange, non, bien au contraire, et ça me plaît je crois.

"Il faudrait sûrement que je me renseigne plus sur les débouchés que je peux avoir mais tu sais de toute façon, je ne suis pas des plus originaux. Et je suis difficile et un peu paumé. A vrai dire pour le moment je me laisse surtout porter, tant que j'ai du temps je ne me soucie pas de mon avenir."

Typique de l'être humain. Procrastinateur fou. Bah ouais, comme tous les autres, je ne déroge pas à cette règle, et en même temps c'est un peu différent, parce que dans l'épreuve de l'avenir, je suis seul comme un con, alors au lieu de m'inquiéter du plus tard, je préfère l'oublier et vivre au jour le jour. C'est plus simple et moins effrayant. Je tends la main et attrape une mèche des cheveux blancs, l'entortillant autour de mon doigt malgré les battements effrénés de mon cœur. Pas une seule fois je ne touche sa peau. Mon regard lui intime silencieusement de ne pas chercher à profiter de la situation ou de tenter quoique ce soit, je prends sur moi et je fais des efforts. C'est rien, en soit, que de toucher les cheveux d'un autre homme. Je le fais tout le temps avec Oliver, pareil avec Nathaniel. Mais ils sont spéciaux et j'ai confiance en eux, même si Oli est tout aussi fou et malade que moi. C'est bien pour ça que j'ai commencé à l'apprécier de toute façon. Parce qu'il a su braver mes peurs, ne pas s'en soucier. Il m'a foutu dans des états pas possible, fait faire des crises de panique violentes, collé dans l'inconfort. Mais d'un autre côté il était le seul à s'intéresser à moi et à dire merde au diagnostique des médecins et psychiatres. Alors c'est un cas spécial. Quand à Nath on a traîné nos couches ensemble donc bon. Sa famille est un peu la mienne aussi.

"Je suis content que tu sois là mine de rien. On aurait pas cette conversation si St Adams ne t'avais pas embauché."

Ça fait du bien parfois de parler, hein ? Même de choses banales. Juste de voir qu'il ne me fuit pas encore, qu'il m'offre ses sourires et son aide, sa protection en quelque sorte. C'est juste rassurant, voilà tout. Mon pouce exerce quelques caresses sur la mèche de cheveux, puis je la laisse doucement filer entre mes doigts sans le lâcher du regard. Mes prunelles un peu perdues, plantées dans les siennes, mes lèvres entrouvertes sur une interrogation muette, celle de savoir si ça le dérange que je fasse ça. Mais il s'est dit tactile, alors j'ai un peu de chance.


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Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight]

MessageSujet: Re: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Thu 24 Nov 2016 - 22:10
De nos jours, les gens étaient trop dans le paraître. Du coup ceux comme Liam qui se contredisaient étaient mis de côté, jugés trop bizarre. Liam aimait et était amusé de pouvoir surprendre, mais parfois cela devenait un lourd fardeau. Tout dépendait des situations au final.

Le compliment et la remarque firent vraiment plaisir à Liam. Il n'était donc pas le seul à tenter de voir au-delà des apparences. Enfin, il était évident qu'il existait des gens dans ce cas. Mais dans cette société où tout se basait sur le paraître, c'était assez rare.
- Merci. Les employeurs ne me trouvent pas un air assez sérieux pour ce travail. Trop « joyeux ». C'est surtout ça. Enfin je le vis plutôt bien. Et maintenant que j'ai ce travail, je compte bien le garder !
Rester toute sa vie sur cette île ? Pourquoi pas. Il n'y avait pas réfléchi longuement jusqu'à présent. Et puis peut-être qu'un jour, il changera pour devenir un mec un peu moins porté sur la mode et son apparence qu'il entretenait scrupuleusement. Seul l'avenir le lui dira. En attendant, il s'aimait bien tel quel.

- Tu t'es lancé dans des études supérieures, donc longues. Je suppose que tu as effectivement le temps avant de te décider définitivement. Et puis même quand tu auras passé ton diplôme, rien ne t'empêche de repartir sur d'autres études après.
Optimiste, Liam ne lâchait rien. Il était persuadé qu'un jour Lysandre trouverait sa voie. On avait tous quelque chose dans le cœur qui nous dira un jour : c'est ça que je veux. Ce n'est que comme ça que les idées s'éclaircissaient et que les choix paraissaient plus évidemment à faire.

Avec sa longueur de cheveux, Liam avait l'habitude que certaines mèches se prennent ici et là lors d'un mouvement et ne faisait donc plus vraiment attention quand il sentait que quelque chose les toucher. Et pourtant il vit les doigts de Lysandre et ne percuta pas plus que ça. S'il était tactile, il aimait aussi être touché abondamment. Il ne s'agissait que d'une fine mèche de cheveux dans le cas présent, mais cela restait agréable. C'est pourquoi il ne dit rien et resta sans bouger pour le laisser faire. Même venant d'un inconnu, Liam aimait être proche physiquement. Son visage s'éclaira finalement d'un grand sourire joyeux.
- C'est ce qui rend ma vie ici si magnifique. Tous ceux que je vais rencontrer, je ne les aurais sûrement jamais connu si je n'étais pas venu. Je trouve ce coup du destin très beau. Et puis... Londres est étouffante. Un peu comme toutes les capitales, je suppose.

Sans se départir de son sourire, il l'observa un petit instant en se demandant à quoi pouvait bien penser Lysandre en lui touchant les cheveux de cette manière. Peut-être cherchait-il un moyen de s'habituer à sa présence ? Il ne ferait quand même pas ça à cause du fait que Liam était tactile justement ? Il ne voulait pas que le jeune homme se force à quoique ce soit avec lui. C'était inutile. Et d'un autre côté... Liam était comme un chien. Il ne vous repousserait pas si vous le caressez. Là, c'était pareil. Le fossoyeur fit donc comme s'il n'avait pas fait attention à son geste, bien qu'intérieurement il était juste heureux de l'effort de Lysandre.
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Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight]

MessageSujet: Re: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Fri 25 Nov 2016 - 18:09
Un instant seulement, ma raison me demande de lâcher la mèche de cheveux que je tiens encore, presque avec obstination. Pourtant je ne le fais pas, savourant chaque mot qui sort de sa bouche, les écoutant, riant parfois légèrement sous ses paroles. Cet instant finirait par se briser. Mais en attendant, je peux juste me laisser aller et profiter un peu, non ? Mes prunelles ne se détachent pas des siennes, je laisse un peu de côté mon passé. S'il tente un geste envers moi, tout reviendra d'un coup, mais dans l'instant c'est moi qui dirige. Moi qui décide de la suite. Il me laisse les cartes et je m'en empare avec bonheur. Je ris à nouveau en l'entendant parler des gens, puis de Londres. Nous avons déjà évoqué cette ville une fois il me semble, mais elle semble importante pour lui, bien que ce soit à mes yeux, quelque chose d'inexplicable.

 « Comme je te l'ai dit, je ne suis pas allé à Londres plus de deux fois, ou alors je ne m'en souviens pas. Je me rappelle surtout de l'agitation et de la foule. »

Des gens, des gens partout et pas le moindre endroit où se planquer. Pas de moment de répit. Il fallait que je prenne sur moi, toujours, pour que les autres ne soient pas au courant de ces troubles qui m'habitaient, qui sont encore en moi aujourd'hui. Ils n'auraient certainement pas compris l'ampleur des dégâts que mon père a créé au fil des coups et des maltraitances. Ils n'auraient pas voulu voir les choses telles quelles sont. Alors lors de ces moments là, le mieux était toujours d'arrêter de penser. D'ignorer le monde extérieur, de me plonger entièrement dans ma tête comme seul une personne malade est capable de le faire. Si profondément qu'on devait toujours avoir l'œil sur moi pour que je ne me perde pas. J'aimerai bien la visiter, Londres. J'aimerai voir les grilles du palais, la relève de la garde et les chevaux qui défilent devant. Entendre la musique, sentir mon cœur battre au même rythme puis aller dans un endroit plus tranquille, un parc peut-être. Un endroit où on pourrait être au calme. Il y aurait sûrement des écureuils, des animaux curieux de  nous voir là, nous simples humains. Oui, j'aimerai vraiment. Hyde Park, Madame Tussauds, Coven Garden... Vivre une vie comme les autres et voir de mes propres yeux. Mais pour le moment rien de tout cela n'est possible. Pas tant que je serais incapable de me laisser toucher. Déjà parfois dans les couloirs c'est difficile, alors à la capitale...

 « Un jour j'irais là bas. Et ailleurs. Je découvrirai les autres villes, le monde moi aussi. Et peut-être que quelqu'un que j'aurais rencontré durant mes années ici m'accompagnera, qui sait ? Mais je veux voir de mes propres yeux tout ce dont les gens parlent. Je veux entendre les sabots des chevaux sur les pavés de la ville, et le son des tambours lors de la relève. Je veux faire toutes ces choses que les gens font quotidiennement., même si je sais que ce sera compliqué et que j'ignore dans combien de temps j'en serais capable. »

Ma gorge se noue une seconde. J'ai serré plus fort la mèche de cheveux que je tiens, et je décide qu'il est temps de la relâcher pour ne pas lui faire de mal. L'émotion, l'envie de m'en sortir... Tout cela m'a guidé dans mes paroles. Et je me sens un peu idiot sûrement. Ma respiration est même un peu plus rapide, parce que le rythme de mon discours s'est intensifié. Je suis parfois un livre ouvert. Je ne cache plus rien aux autres à certains moments, comme là, parce que je me laisse emporter. Et d'un côté peut-on m'en vouloir d'avoir cette volonté de me battre pour aller mieux ? Non, ce n'est pas possible. Il faudrait-être un monstre. Je lui jette un regard plein d'excuses au cas où j'ai pu lui faire mal, me mordant un peu la lèvre. J'espère qu'il n'a pas souffert.


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Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight]

MessageSujet: Re: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Wed 14 Dec 2016 - 22:55
La foule de Londres. Liam avait grandi dans la capitale, il ne faisait donc plus attention à ce gros détail de surpopulation. En revanche Saint Adams le dépaysait. Le nombre d'habitants était bien moindre. On pouvait respirer sans avoir l'impression d'écraser son voisin. C'était agréable. A présent que Liam goûtait à cette nouvelle forme de liberté, il n'était pas sûr d'aimer retourner à Londres. Il irait. Un jour. Rendre visite à sa mère et son meilleur ami, par exemple. Mais y vivre... C'en était peut-être bien plus question. Autrefois il n'aurait jamais quitté le bouillonnement permanent. Il se demanda s'il commençait déjà à vieillir. Cette pensée le fit sourire malgré lui.

- C'est bien de vouloir voyager. Ça forge le caractère, il paraît. Hormis visiter Paris, je n'ai jamais vraiment voyager. Je te souhaite de pouvoir le faire.
Pour l'heure, il n'envisageait pas non plus de voyage. Il venait de s'installer et avait enfin un revenu fixe. Pour pouvoir se déplacer, il allait avoir besoin d'économiser un peu. Mais Liam préférait penser à l'instant présent plutôt que de se projeter dans un avenir incertain.

Lysandre le ramena à lui en serrant sa mèche de cheveux. Et Liam se demanda ce qu'il avait soudain, lui qui s'était montré si doux jusqu'à maintenant. Le fossoyeur fut presque déçu de le voir le lâcher et il vit son joli minois se déformer d'excuse ou de culpabilité.
- Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dit quelque chose de mal ?
Liam ne comprenait pas cette soudaine distance polie entre eux. Il avait pourtant semblé se rapprocher. Pas énormément bien sûr. Mais Lysandre semblait avoir partagé le fond de sa pensée.

Le jeune adulte glissa sur le canapé pour se rapprocher sans brusquerie de l'étudiant tout en respectant aussi une certaine distance de « sécurité ». Il plissa les yeux comme s'il essayait de lire quelque chose de très loin.
- Regarde-moi, demanda-t-il.
Lorsque ses yeux purent se fixer à ceux de Lysandre, il sembla le chercher. Puis son visage s'éclaira.
- Tu viens de partager des pensées personnelles avec moi. Tu veux que je te dise ? Je trouve ça cool. Finalement il y a bien quelqu'un derrière ce masque de gentillesse et de politesse.
Liam lui sourit, très franc. Il ne voulait pas que Lysandre interprète mal les choses et se mette à se refermer sur lui-même en comprenant qu'il s'était dévoilé. Liam voulait plutôt l'encourager à s'ouvrir.
- C'est quoi ta couleur préférée ?
A priori la question sortait de nulle part et Liam continuait de sourire. Cela dit, il attendait vraiment une réponse, désirant en apprendre toujours plus sur ce beau jeune homme.
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Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight]

MessageSujet: Re: Un bobo ? Un bisou magique et ça ira mieux [Lysandre Watherlight] Fri 16 Dec 2016 - 12:28
Liam s'approche et les battements de mon cœur s'intensifient contre ma poitrine. Pourtant je ne bouge pas, prunelles posées sur son visage, curieuses et craintives à la fois. Seulement il n'abat pas plus la distance qu'il l'a déjà fait, ne va pas plus loin et je baisse les yeux, honteux d'avoir pu penser qu'il chercherait plus, comme la plupart de ceux que je rencontre. Sa demande me fait hésiter, je laisse s'écouler quelques secondes, lui jette un coup d'œil maladroit, rebaisse les yeux. Puis finalement, je souffle, redresse la tête tout en la penchant sur le côté, ancrant mon regard dans le sien. Son visage s'illumine et encore une fois, je ne peux que me demander comment il fait pour être ainsi. Pur et lumineux, tellement naturel. Et il a parfaitement raison me concernant. Tellement que ça me blesse sûrement moins que ça n'aurait dû, ça me fait juste prendre conscience une nouvelle fois de ce que je suis, de ce que je n'arrive pas à changer. Je suis ainsi depuis tellement longtemps que je ne me souviens pas quand ça a commencé, quand je me suis effacé, réfugié derrière les bonnes manières et les convenances pour qu'on ne voit plus que ça. Est-ce qu'il y a autre chose au fond de moi maintenant ? Autre chose que les cérémonies et la bienséance, les sourires trop polis pour être vrais ? Ou bien le mini Lysandre est caché si profondément que le laisser ressortir sera un travail titanesque ? Pour le coup je ne peux pas répondre. Je n'en sais absolument rien. Pourtant mes lèvres s'ornent d'un sourire plus naturel alors que mes joues s'ornent d'une légère teinte rosée. Mes mains se tordent nerveusement sur mes genoux mais la gêne et la honte laissent place à quelque chose de plus doux.

"Le rouge. Mais pas le rouge sanguin, il est trop violent pour moi. Je préfère qu'il soit plus foncé, plus grenat. C'est joli, tu sais, le grenat ? Je m'étais fait une teinture de cette couleur quand j'étais plus jeune, ce n'était pas laid, mais ça n'était pas moi. Alors j'ai arrêté, mais j'aime toujours cette couleur ! Et toi ? C'est laquelle ?"

Mon intérêt est véritable et je trouve ça touchant qu'il s'intéresse à moi ainsi. Rares sont les occasions où je parle avec un homme alors j'en profite, surtout qu'il fait chaud, que je me remets lentement de toutes ces émotions. L'estomac grogne durant une seconde, me fait rougir de nouveau. Je jette un regard discret à la pendule et constate qu'il est déjà bientôt midi. Je devrais sûrement rentrer, mais je n'ai pas envie. Je ne m'inquiète pas non plus pour Onyx, qui a sûrement trouvé des feuilles à se mettre sous la dent. Alors pourquoi partir ? Il ne faut certainement pas profiter trop longtemps des bonnes choses, mais ça me peine de l'abandonner maintenant, alors je fais comme si je n'avais pas entendu la complainte de mon organisme, le fixant longuement.

"Tu ne te sens pas seul parfois, quand tu es ici ? Je veux dire, beaucoup de personnes seules prennent des animaux, et tu ne sembles pas en avoir. C'est contraignant aux yeux de beaucoup de monde, mais moi j'aimerai avoir un chien, seulement à l'internat ce n'est pas possible. C'est dommage. Ça m'aurait bien plu et il aurait pu nous accompagner avec Onyx."

Oh ça, il n'aurait pas manqué d'occasions de se défouler ! Et il y aurait eu tout son amour, qu'il m'aurait donné sans limites au contraire du chat, beaucoup plus réservé, plus fourbe aussi. On ne sait jamais ce qu'il pense, le chat derrière ses airs de cour. Peut-être prévoie t-il l'assassinat du maître pour régner sur son domaine ? Peut-être aime t-il d'un amour sincère ? On n'en sait rien, il est trop souvent renfrogné, se préserve au maximum des démonstrations d'affection. Ça me plairait moins. C'est sûrement ce qu'il reste du Mini Lysandre, le besoin de savoir que l'on peut arriver à m'apprécier. Mes traits s'illuminent soudainement et je me penche vers lui, comme pour lui partager un secret.

"J'ai toujours voulu un poisson aussi ! Mais pas dans un bocal rond, parce qu'il risquerait de se déformer ! Tout le monde pense que c'est idiot, mais je suis persuadé que non, sinon ça n'aurait certainement pas vécu aussi longtemps !"

Les pupilles s'illuminent, j'ai l'impression d'oublier d'un coup tout ce dont nous avons parlé avant, tout ce qui me tracassait, et ça fait un bien fou.


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